08 Quiberon

4 janvier 2010

Programme prévu :
Presqu’ile de Quiberon, autre bout du monde…
Retour par la côte de Carnac et Erdeven.

J’ai, depuis la Pointe du Raz, peur de me confronter à des sites grillagés que j’ai connus libres et sauvages d’une beauté à couper le souffle, vibrants de toute éternité, porteurs d’une énergie phénoménale. Mais il est toujours bon d’affronter la réalité et de me faire ma propre opinion.

Soir, rentrée à la maison
Pas du tout eu envie d’aller à Carnac après l’expérience douloureuse du site d’enfermement des mégalithes de Locmariaquer.

Non je n’aime pas plus les grillages autour des dolmens et des menhirs que les clôtures autour des dunes.
Non je n’aime pas les panneaux d’interdiction partout ou les pancartes de conseils moralistes qui nous prennent vraiment pour des imbéciles.
Je ne crois pas un seul instant que les passages des pas des gens sur les rivages soient plus prédateurs que les vents violents et les forces des vagues qui s’abattent à chaque tempête, parfois deux fois par mois, pour plusieurs jours d’affilée.
Je ne crois pas un seul instant que les plantes des dunes soient en danger, les sedum acre étaient là depuis des millions d’années et sont plus résistantes que nous ne le seront jamais.
C’est dans l’ordre des choses que les dunes bougent, que les côtes soient déchiquetées par les éléments naturels, que la mer avance sur les côtes.
Vouloir empêcher ce mouvement, c’est considérer que l’homme est maitre du monde et qu’il a le droit de plier la nature à ce qu’il prétent être des besoins.
C’est aux hommes de s’implanter plus loin sur la côte. J’ai vu trop de constructions onéreuses faites pour préserver des zones habitées là où jamais au cours des siècles précédents les hommes n’auraient eu l’idée de s’installer.

Mais l’accès aux côtes est toujours balisé, concentrationné. Oui j’ai eu souvent l’impression de cotoyer des camps de concentration.
L’accès aux côtes devrait rester libre, car leur préservation est la véritable prédation. La nature sait s’adapter, bien plus vite que nous humains ne l’imaginons.
J’en ai assez qu’on nous mette en garde contre tout, comme si nous étions tous irresponsables, inconscients, infantiles.
Je reviens très en colère de ce périple au bout du monde, à la Pointe du Raz, à Locmariaquer comme à Quiberon.
Très en colère contre les associations de défense de tout et n’importe quoi. Contre les moralistes donneurs de leçons, qui ont remplacé les curés de mon enfance.
J’ai trop de respect pour la nature et les merveilles qu’elle nous donne pour la voir derrrière des grillages, car je sais qu’un jour, si une tempête un peu plus forte en a envie, tous les grillages et clôtures seront balayés en un clin d’oeil. Car elle est la plus forte.
Et c’est tant mieux.

© gaelle kermen 2010

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