Un Chantier de Terre et Paille dans le Gers

Un Chantier de Terre et Paille dans le Gers  : des cloisons en murs banchés

entrée du gite soleil levant

Lieu

Gîte le Grangé sur le chemin de Compostelle, Gers, Sud-Ouest de la France, tenu par le couple Andreas et Lilie Flemming depuis 2009.

Rendez-vous

Dernier week-end du mois d’août 2015, les samedi et dimanche 29 et 30.

Chefs de chantier

Andreas Fleming et Aurélie (Dame Lilie). Andreas nous forme et surveille notre travail de banchage. Lilie nous reçoit en sa maison et nous assiste sur le chantier.

Besoins

Il s’agit de finir les cloisons intérieures d’une petite maison traditionnelle gersoise en torchis.

Il faut monter les murs banchés, entre deux planches de coffrage, dans la cloison de séparation entre une chambre et la salle de séjour.

cloison banchée la veille
Exemple de mur banché, cloison montée la veille en briques de terre et paille entre les montants de bois des cloisons. Grangé. © gaelle kermen 2015

Matériaux

  • Argile extraite sur place au tractopelle, dans le jardin, car il faut creuser au-dessous de la surface de 35 cm, qui peut contenir des graines, des racines, des débris.
  • Paille en bottes achetées à un cultivateur voisin.
  • Eau.
  • Planches de coffrage pour les banches.
Terre et barbotine
Matériaux utilisés pour les murs banchés : terre et eau, tas d’argile locale et barbotine. Grangé. © gaelle kermen 2015

Outils

  • Poubelle pour mélanger la terre et l’eau de la barbotine.
  • Brouette ou grande baignoire pour malaxer la paille et la terre.
  • Palettes de stockage.
  • Bâches pour éviter le dessèchement de la paille préparée avec la barbotine.
  • 2 Seaux par personne, un pour la barbotine, l’autre pour la paille préparée, qui sera replongée dans la barbotine pour bien s’agglomérer dans les murs banchés.
  • Un mélangeur électrique pour faire la barbotine.
  • Une scie circulaire sur support fixe pour couper les planches de coffrage, les tasseaux intérieurs, qui assurent l’armature des cloisons entre les montants en bois et les masses en bois permettant de tasser le matériau dans les banches.
  • Une visseuse-dévisseuse pour fixer les planches et les démonter au fur et à mesure que les murs s’élèvent.
  • Des vis.
gants
Bottes de paille et gants en principe étanches. Grangé © gaelle kermen 2015

Tenue de travail

  1. Des gants solides pour éviter de se blesser avec des brins de paille, qui peuvent provoquer des micro-coupures.
  2. Des vêtements non fragiles.
  3. Bandeau pour tenir les cheveux.

Ma fille et moi avons opté pour un short et un débardeur. J’étais pied nu le matin, en ballerine l’après-midi. Les filles de la veille, Marjorie et Ana, avaient des pantalons joliment décorés le soir, elles auraient voulu les faire qu’elles n’auraient pas si bien réussi leurs dessins.

Marjorie après le chantier arbore un ensemble
Marjorie après le chantier arbore un ensemble « New Earth Style ». Grangé. © gaelle kermen 2015

Il est plus facile d’enlever la boue sur la peau que sur du tissu, surtout quand il fait chaud, avec un seau ou au jet d’eau, avant de passer à la douche. La terre est bonne pour la peau, elle n’agresse pas comme le ciment ou la chaux.

Pour les vêtements terreux, il faut bien les laisser sécher avant de les frotter au scotch brite sec ou de les brosser, avant de les laver (conseil perso). Sinon la boue s’étale et s’incruste au lieu de s’enlever.

Bandeau, débardeur, short, gants. Ici pour les finitions entre les briques montées précédemment. Grangé © gaelle kermen 2015
Ma tenue de travail : bandeau, débardeur, short, gants. Ici pour les finitions entre les briques montées précédemment. Grangé. photo Coralie le Doze © gaelle kermen 2015

Équipe

Stéphane (de Toulouse) a commencé le samedi matin, à 11 heures, avec Marjorie (de Toulouse) et Ana, les deux filles sont reparties le samedi soir. Stéphane a fait les deux jours.

Isis et Ulla (de Hambourg) ont géré l’intendance de la maison pendant que Lilie était sur le chantier.

La nièce de Andreas, débarquée la veille de Hambourg, s’est occupée des enfants du couple toute la journée du samedi et de mon petit-fils Imran en plus le dimanche.

Ma fille Coralie et moi sommes arrivées le samedi soir et avons attaqué le chantier le dimanche matin. J’ai travaillé deux séquences de deux heures.

Le midi du dimanche, Nathalie et Nicolas sont arrivés de Toulouse. Nathalie a continué mon mur. Stephane en a fini un autre.

Travaux préalables

Une ossature Bois a été construite préalablement, pour structurer les cloisons des pièces de la petite maison : une pièce à vivre avec cuisine, deux chambres, une salle d’eau.

plomberie installée dans salle d'eau

électricité installée

Les circuits électriques ont été posés. Les fils seront intégrés dans les murs banchés. Les tuyaux d’arrivée d’eau  sont organisés.

Préparations

  1. Barbotine Dans une grande poubelle, on mélange de la terre avec de l’eau jusqu’à consistance d’une pâte à crêpes très liquide. Un malaxeur à été utilisé par Andreas.
  2. Paille La paille à été préparée la veille, mélangée à la barbotine, poignée par poignée dans la brouette.

La préparation est stockée sur une palette, bâchée pour éviter le dessèchement. Il fait très chaud en cette fin de mois d’août 2015 dans le Gers.

Voir photos du chantier le dimanche matin avant le début du travail.

deux premières briques décofrées

Lilie refait quelques seaux pour finir le chantier du soir.

Lilie malaxe paille barbotine

Technique

Murs banchés : Un béton de paille et terre est monté entre deux planches de coffrage, bien pressé dans les angles autour des pièces de bois qui font l’armature de la cloison et l’encadrement de la porte, avec l’insertion des circuits électriques.

un mur banché fini la veille
Un mur banché terminé la veille. Béton de paille et terre tassé entre les montants de l’ossature bois de la cloison. Grangé © gaelle kermen 2015

Mise en œuvre de la terre et de la paille

Stephane demarre une brique basse par un coffrage fixé au serre joint pour un bon vissage de départ des deux planches de coffrage (banche) dans lequel il va insérer et tassé le mélange de terre et paille. © gaelle kermen 2015
Stéphane démarre une brique basse par un coffrage fixé au serre joint pour un bon vissage de départ des deux planches de coffrage (banche) dans lequel il va insérer et tasser le mélange de terre et paille. © gaelle kermen 2015

Notre travail consiste à remplir les espaces entre les deux planches et à bien les tasser au tasseau de bois contre les montants en bois. Andreas nous fait une démonstration et c’est parti !

Andreas montre le travail de banchage en terre et paille
Démo préalable par le sieur Andreas du Giscaro, maître du chantier terre et paille du Grangé. © gaelle kermen 2015

Voir l’album de la Technique de Paille et Terre montrée par Andreas

Finitions   L’après-midi du dimanche j’ai fait une session de finitions de deux cloisons réalisées au cours du mois de juillet.   Les briques de paille montées à la terre, se rétractent en séchant. Il peut rester entre elles des interstices préjudiciables à la bonne isolation, en particulier phonique, entre les pièces.   Mon travail consistait à remettre de la paille trempée dans la barbotine pour combler les vides, en poussant l’agglomérat au plus profond avec une spatule de vitrier et à lisser l’ensemble.   finitions mur benché

Enduit de lissage

Une couche d’enduit final sera fait à la terre pour lisser l’ensemble, les brins de paille émergeant servant de couche d’accroche.

Mes Rendements

Le matin J’ai fait une brique et demi en deux heures, en huit seaux de paille préparée et deux seaux de barbotine. J’ai trouvé ça long.

Le matériau est agréable à travailler, de plus il n’est pas toxique, ni irritant comme la chaux, mais il nécessite de la main-d’œuvre et de la patience, beaucoup de patience.

L’après-midi Pour éviter de me fatiguer et de créer des tensions dans le dos, j’ai préféré changer d’activité. J’ai fait les finitions de deux murs, jusqu’à ma hauteur. Là je voyais tout de suite le résultat de mon travail de bouchage des vides, et c’était plus gratifiant.

Mon sentiment

Un ami artisan électricien m’avait dit en voyant mes chantiers de chaux et chanvre à Kerantorec que c’était un chantier sale, un qui nécessite beaucoup plus de nettoyages de finitions de chantier qu’un chantier d’électricité ou de plomberie ou de menuiserie. Il avait raison. Le chantier de paille et terre est un chantier de patouille, genre de ce qu’on pourrait faire en maternelle, si on avait le droit de se salir et de construire des choses pour de vrai.

Avantages

La paille et la terre offrent un très beau matériau fini, on a un sentiment de naturel, de beauté, de confort. L’hygrométrie doit être parfaitement régulée, les performances thermique et phonique doivent équivaloir ceux que je connais avec la chaux et le chanvre.

C’est une technique peu coûteuse, si on a les matériaux près de chez soi. De plus tout est recyclable (sauf les vis des coffrages, mais elles serviront pour d’autres chantiers).

Mais je suis pas sûre que je le ferais chez moi, c’est trop long de voir les murs se monter, brique par brique, quasiment.

Le matériau doit être très sain dans une région où le climat est clément, ensoleillé, chaud. Dans ma Bretagne en bord de mer, je serai moins sûre de ce choix. Ou alors j’ajouterais du sable de rivière à la barbotine.

Chez moi, par contre, je me vois bien appliquer la technique de ces murs banchés pour construire des cloisons, en utilisant mes matériaux habituels de chanvre, chaux et sable, ce que je sais pouvoir mettre en œuvre moi-même dans ma bétonnière, sans tout faire à la main comme nous l’avons fait ce week-end.

Ambiance

C’est un travail à faire entre amis, entre amis solides, de bonne volonté.

Chez Andreas et Lilie, l’ambiance était excellente. Nous étions tous heureux d’être là, sans prise de tête, juste des prises en main, avec des discussions sympathiques au cours des repas, en vrais échanges locaux et européens. Le cadre est merveilleux, sur le chemin de Compostelle, dans une belle terre de Gascogne, retrouvée pour moi cinquante ans après le choc de l’été 65 (voir mon ebook Le Vent d’Avezan, dont je prépare une deuxième édition augmentée de nouveaux documents, eux aussi récemment retrouvés dans mes archives).

J’ai aimé remettre la main à la pâte avec des matériaux fondamentaux, la terre, l’eau, et leur produit, le blé, dont il reste la paille après récolte.

Une belle histoire.

Documentation

http://terrepaille.fr/avantages

petite maison en torchis au lever du soleil

Gaelle Kermen © 2015

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Les etonnants voyageurs du monde d’a cote

Une visite a sa place particulière sur mon blog de voyage Hentadou : mes Étonnants Voyageurs du Monde d’à Côté.
#VoyageaPied #TroBreizh #Bretagne

Voyageurs à pied autour de la Bretagne
Voyageurs à pied autour de la Bretagne. © Gaelle Kermen 2013-15

Le 19 août 2013, lors d’un bel été, j’ai accueilli à Kerantorec deux voyageurs originaux : une maman, Padina, et son fils, Corentin, qui venait de fêter ses 7 ans. Ils voyageaient à pied autour de la Bretagne, par les chemins praticables pour leur remorque. C’était une phase de repos pour la maman et d’éternelles questions pour le petit garçon éveillé. Ils arrivaient en fin de voyage, de Brocéliande le 27 juin à Quiberon le 30 août.

Pour moi qui ai du mal à quitter mes talus, c’était un enchantement que de les recevoir, en leur offrant deux bons lits pour qu’ils puissent récupérer de leur fatigue. En fait, j’ai été impressionnée de leur bonne forme, de leur beauté, de leur joie de vivre. Ils rayonnaient, semblant avoir rencontré le merveilleux qu’ils étaient venus chercher autour de la Bretagne magique.

camp des voyageurs1
Le camp des voyageurs à l’arrivée, la tente sèche, le chariot est dételé. © Gaelle Kermen 2013-15

L’établissement du camp pour faire sécher la tente

camp des voyageurs4
Premier repas dans la prairie, Padina et Corentin (au loin un faucheur à l’ancienne) © Gaelle Kermen 2013-15

Le soir j’avais prévu un dîner préparé au feu de bois de mes pierres dolméniques. Photo de Padina Pavonica 2013.

La jardinière fait son repas sur son feu de bois entre les pierres.
Gaelle fait son feu de bois entre les pierres pour le repas du soir. © Padina Pavonica 2013-15
menhir et lune
La lune monte derrière le menhir de l’allée couverte de Kersegalou. © Gaelle Kermen 2013-15

Visite à l’allée couverte sous la lune montante

dolmen-Corentin-korrigan
Le Korrigan Corentin sous le dolmen, fidèle à la tradition des Korrigans, faire des blagues. © Gaelle Kermen 2013-15
dolmen-mere-et-lutin
Maman et lutin près de l’allée couverte au soleil couchant. © Gaelle Kermen 2013-15

Le lendemain matin, je les ai emmenés à la source, puis au cercle des pierres que les Druides avaient créé  pour la Cérémonie du Gorsedd Digor 1985. Les druides sont partis, les pierres sont restées.

Passage du gué à la source, Corentin et Gaelle par Padina Pavonica © 2013-15
Passage du gué à la source, Corentin et Gaelle par Padina Pavonica © 2013-15
lion au cercle de pierre
Corentin dans le bois lors de la visite au cercle de pierres. © Gaelle Kermen 2013-15
coin-enfants-Corentin-Playmobil
Corentin recrée un petit monde en Playmobil dans le coin des enfants. © Gaelle Kermen 2013-15
Derniers-moments-avant-depart
Derniers moments avant le départ, Corentin se repose, Padina a harnaché le chariot et va s’atteler aux brancards. © Gaelle Kermen 2013-15

Je suis admirative des efforts que fait Padina. Elle est très bien organisée, tout est prévu, calibré, géré. Mais je trouve qu’elle se charge beaucoup. Elle a notamment un gros cahier pour noter ses impressions de voyage, que je  lui souhaite de pouvoir remplacer par un iPad Cellular pour un prochain voyage.

Depart-Pose-devant-chaumière
Dernière pose devant la chaumière avant le départ par un ciel sans nuage. © Gaelle Kermen 2013-15
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C’est parti ! Vers le Pouldu en traversant par les champs au fond du Merrien et en passant par l’épicerie des 4 vents avant Doëlan. © Gaelle Kermen 2013-15
oubli des batons
Les bâtons sont restés contre le mur de la chaumière. Panneau du Petit Bonhomme derrière la vitre d’Ana le Doze-Samson © Gaelle Kermen 2013-15

On the road again.
Après leur départ je retrouve les bâtons de marche qu’ils ont oubliés, près du Petit Bonhomme derrière la vitre de ma fille Ana. Le voyage tirait à sa fin.

Le voyage continuait pour les Étonnants Voyageurs du Monde d’à côté. Je pouvais reprendre ma vie d’ermite.

Le lien vers le blog que Padina a tenu pendant leur parcours de plus de deux mois. L’étonnante histoire du monde d’à côté
À la page 2 elle y parle de leur passage à Kerantorec.

Après le voyage, Padina a rédigé le livre. Voici comment elle y raconte son passage à Kerantorec:

« 19-20 septembre 2013 Kerantorec

Il y a cette ancienne maison, celle de ses ancêtres, dont l’isolation porte l’empreinte de Kerdavid, qu’elle redresse et embellit elle-même.

Je me demande, mon bloc-notes sur les genoux, si je saurai raconter. Gaelle, qui est écrivain, me dit :
« Ne t’inquiète pas. Ça viendra. Ce qui doit être transmis le sera. Et puis certaines choses ne le seront pas. Ça viendra tout seul. »
Elle s’en va dormir. Elle dort l’après-midi. Et travaille une bonne partie de la nuit.

« L’été 2010, j’ai retrouvé, sous un escalier, derrière des tableaux et des caisses de revues, mes premières archives, dont un texte de 141 feuillets, arrachés à un classeur ayant échappé au tri sévère effectué autrefois dans mes papiers. Ce texte commence la série des publications de 50 ans d’écriture en cahiers de 1960 à 2010. »
(Au loin un phare, Gaëlle Kermen)

Gaëlle n’a pas de voiture et fait ses courses à vélo. Elle fait son pain. Elle écrit tout en numérique, elle lit tout en numérique. Elle vit sur un territoire où les pierres répondent aux étoiles, où jaillit une source, où les murets sont vieux de trois mille ans, où les cerfs sont des monarques.
Elle vit entourée des tableaux de son amoureux, Yves Samson, dessinateur, peintre et jardinier. Il peignait des rêves, des humeurs, des atmosphères, des traversées, des jaillissements ou des contemplations. Des âmes ou des univers.

Autrefois, de 1976 à 1986, sa maison était une crêperie. La crêperie à la ferme. Des artistes venaient s’y restaurer. Un jour, un grand druide qui aimait les crêpes lui a demandé s’il était possible que des rassemblements puissent avoir lieu dans la clairière au cœur de sa forêt. Elle a d’abord accepté puis des divergences humaines et spirituelles l’ont amenée à mettre tout ce petit monde hors de ses terres.
Nous sommes arrivés à la fameuse clairière. Il y a de grosses pierres, disposées en cercle selon la position des astres dans le ciel. Il y en a douze, chacune correspondant à un signe du zodiaque, une autre au centre. »
© Padina Pavonica 2015

Padina sait communiquer entre le ciel et la mer, les étoiles et les brins d’herbe. Son livre est en recherche d’un éditeur traditionnel. Que les vents lui soient favorables !

L’album sur ma galerie Flickr des étonnants voyageurs du monde d’à côté.

© gaelle kermen 2015

Novela 2010 Grand Debat sur le Livre Numérique

TOUJOURS LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES, DES RURAUX ET DES URBAINS

Gaelle Kermen vs Ombres Blanches

NOVELA 2010 Festival Toulouse Numerique Partage des Savoirs
Grand Débat sur le Livre Numérique du 6 octobre 2010

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Ces cinq jours de Toulouse Numérique ont changé ma vie d’auteur numérique indépendant, en me faisant rencontrer des gens aussi enthousiastes, aussi passionnés que moi.

La seule ombre au tableau a été le mépris affiché à mon endroit de la part du patron de la grande librairie Ombres Blanches.

J’ai été traitée avec grand mépris après avoir fait part de mon expérience d’auteur numérique, vivant au fond des bois, en Bretagne, publiant chez un éditeur californien Smashwords, en vente sur Amazon, Apple iPad US, Barnes and Noble, Kobo, Diesel ou Sony, tous organismes diabolisés par ce monsieur dans ses précédentes prises de parole, alors que mes amis cultivés et moi-même commandons nos livres en ligne depuis des années pour ne pas avoir à faire 64 kilomètres, parfois en vain, pour trouver les livres qui nous intéressent.

Il a dénié tout intérêt à l’Internet et aux réseaux sociaux, méprisant ainsi tous ces gens qui, comme moi, étaient venus à Toulouse Numérique pour parler de nouveaux modes de culture, ne dépendant plus d’une élite codifiée, assermentée, diplômée, officialisée, mais accessible à quiconque se donne la peine de réfléchir et de s’exprimer.

Installé sur ses positions de gros libraire, bien assis, en centre ville d’une grande agglomération, il méprisait la finalité même du Festival Novela 2010 Toulouse Numérique, le partage des savoirs.

Mais si je me suis permis de parler comme je l’ai fait, parlant moi de ce que je connais et pratique, c’est parce que dans cinq ans, ce que je vis depuis quinze, dix, cinq ans, sera devenu la norme. Et si Ombres blanches ne le comprend pas maintenant, Ombres blanches ne sera plus qu’une ombre noire.

Alors je n’ai rien répondu. D’ailleurs, alors que j’allais reprendre la parole, le directeur des Editions Privat m’a fait signe de le laisser finir, comme si j’étais une sale gosse impertinente qui coupait la parole aux grandes personnes, celles qui savent.

Mais ces gens pompeux et prétentieux, confits sur eux-même, ont monopolisé notre temps sans nous apporter la moindre information intéressante ni de réponse à la question même du débat : En 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ?

Je n’ai rien entendu sur le livre numérique en 2010, encore moins projeté en 2020. J’ai entendu des Marchands ou des Prêtres du Temple du Livre Sacré parler de leur métier tel qu’ils le pratiquent depuis 150 ans.

Je savais bien que l’impression et la diffusion représente un énorme pourcentage du prix du livre (55%) et c’est même pour cela que j’avais fait le pari d’Internet et de l’édition numérique en 1995, a fortiori en 2010.

Comme je ne pouvais rien ajouter, je me suis mise sur Twitter pour raconter en direct ce qui se passait dans ce débat. Immédiatement retwettée.

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Après le débat, le directeur des Editions Privat est venu me serrer la main et m’a dit avoir apprécié l’humanité que j’avais apportée par mon témoignage, ainsi que l’avaient fait deux autres personnes du public, dont Cedric Beuchet, avec qui je communique depuis la première table ronde de la Novela Toulouse numérique, et la vaguemestre de la Librairie Ombres Blanches qui pensait qu’il y avait de l’humain derrière les boutons d’un site, que j’avais applaudie.

Nous avons parlé rapidement des problèmes juridiques affiliés au livre en France. J’ai pu lui dire que je regrettais de n’avoir pas pu parler des manques qu’affrontait l’auteur numérique, et que surtout surtout il ne fallait pas transposer les modèles connus pour construire l’univers du livre numérique de demain. Il était d’accord mais, pressé, a dû écourter l’échange. J’ai apprécié néanmoins qu’il vienne me serrer la main.

En 2020, j’espère que mes 50 ans d’écriture seront disponibles sur toutes les tablettes, de tous les coins du monde, pour un prix bas accessible à tous, sans DRM (Digital Right Management), car je fais confiance à mon lectorat.

gaelle kermen on Twitpic photo de Michel Fauchié

Retour :
Avant l’arrivée à Marseille dans le train, la dame de l’autre côté de la travée m’a demandé : « Est-ce que vous êtes écrivain ? » J’ai souri et dit : « Oui ! ». Elle m’avait vu lire sur le Kindle vu à la télé, dont elle pensait que c’était une bonne chose et en tout cas l’avenir. Puis elle m’avait vue prendre des notes dans le MacBook, alors elle s’était dit : « Elle est peut-être journaliste ». Plus tard, j’avais mis mon chapeau et là elle avait pensé que j’étais écrivain ! 😉

De Images Blogger

Post-Scriptum :
Je n’ai pas l’habitude de sortir de mon ermitage pour participer à des mondanités. Une circonstance familiale a fait que j’ai assisté à ce Grand Débat sur le Livre Numérique qui ne m’a rien appris que je ne sache déjà.
Une suggestion : j’eusse préféré que l’animateur de ce débat fût Michel Fauchié, de la Médiathèque de Toulouse, qui a su instaurer dans le petit salon du Livre numérique une ambiance propre aux débats permanents entre bibliothéquaires, volontaires et bénévoles, et les lecteurs, sceptiques puis intéressés à la lecture sur liseuses Bookeen, un iPad puis sur mon Kindle que j’ai fini par laisser à disposition. Xavier Cazin (Immatériel) eût contrebalancé les forces traditionnelles de l’édition et de la diffusion des livres en parlant librement de sa pratique numérique. Pour l’an prochain ?
Quant à Ombres blanches, la librairie a de beaux jours devant elle en continuant à organiser les rencontres entre auteurs et lecteurs, car c’est bien le plus important. A méditer !

© gaelle kermen octobre 2010

Sur le Festival Novela 2010 Toulouse Numerique

SUR LE FESTIVAL NOVELA 2010

Après les cinq jours de TOULOUSE NUMERIQUE, du 2 octobre au 6 octobre 2010, dans le cadre de la NOVELA 2010, festival des savoirs partagés, voici un petit bilan que j’ai moins aimé et ce que j’ai adoré :

Je n’ai pas trop aimé :
Entrée du Centre Pierre Baudis, Toulouse, Novela 2010

Le lieu ne me parait pas spécialement populaire. Le Centre Pierre Baudis, très beau, si on le regarde en termes d’esthétique contemporaine, est plus assimilé à un Centre d’affaires où on n’entre pas comme ça. Les grands halls m’ont paru disproportionnés, avec trop de place perdue pour la bonne ménagère soucieuse de préservée l’énergie que je suis. Il me semble qu’un lieu plus convivial conviendrait mieux pour les prochaines éditions.

Pascal Lardellier, sociologue Université de Bourgogne-Dijon en conférence pour la Novela 2010© gaelle kermen 2010

La disposition des débats et tables rondes mettait trop de distance entre les intervenants et les assistants, comme s’ils nous dispensaient la bonne parole de haut en bas avec condescendance. Il faudrait que les chaises soient plus proches et tournent en ellipse (à la rigueur en hémicycle) pour que chacun puisse partager ses savoirs au même niveau.

Ceci mis à part, la scénographie était très agréable et chaleureuse, dans les ateliers, en particulier dans le salon du Livre numérique, qui attirait beaucoup de monde. Merci à Emmanuelle Sapet la scénographe.

#Novela 2010 LIvre numérique essai de l'iPad© gaelle kermen 2010

Les interventions des spécialistes, m’ont paru trop longues, monologuées, ennuyeuses, endormantes. Je préfèrerais le lancement d’un sujet avec deux ou trois spécialistes (je dis bien spécialistes, pas des gens installés qui parlent de ce qu’ils ne connaissent ni ne pratiquent, notamment le web, comme je l’ai vu à cette Novela).

Heureusement, les échanges entre les intervenants blogueurs et quelques passionnés comme moi ont été d’une grande richesse.

Je regrette de n’avoir pas pu discuter avec Jean-Luc Raymond parce que je ne connaissais que son pseudo Twitter jeanlucr. Il est donc souhaitable désormais d’afficher les noms et pseudo du web.

Je regrette de n’avoir pas pu voir les jeunes gens dynamiques de eBouquin que je suis sur Twitter et dont j’ai beaucoup entendu parler dans le petit salon du Livre Numérique.

eBouquins et les iPad

Tout le reste, j’ai adoré !

J’ai particulièrement apprécié la démarche du blogueur Julien Bonnel, les compétences du créateur d’OverBlog, Nicolas Poirier, la créativité des graphistes de la QRious Code Expérience, l’espoir en la nouvelle génération que sont Willy Braun (Toulouse Busines Scool), Benoit Salles (Les Echos du Net) et les jeunes de l’ETPA avec le jeu Versus.

QRcode Frédéric Daubagna et Julien Bonnel

QRious code, oeuvre d'art de Frédéric Daubagna et Jacques Pecate

J’ai surtout eu des échanges formidables pendant cinq jours.

Rencontrer un public aussi enthousiaste que je puis l’être a été pour moi une découverte, moi qui ne sors que rarement de mes talus bretons.

J’ai apprécié l’ambiance du salon du Livre numérique, créée par Michel Fauchié. Au lieu de faire de grands discours, il a permis la manipulation et les échanges.

Mon Kindle3, récemment commandé sur le site d’Amazon US, a servi de démonstration aux bibliothécaires ou bénévoles, à qui j’ai fini par le laisser à disposition car c’était le plus pratique de tous les outils de lecture. Plus que les Bookens en test, plus que l’iPad, trop grand, trop lourd, trop brillant, à mon goût. Le Kindle3 est abouti, confortable, efficace, pratique, léger, à avoir toujours dans sa poche avec la bibliothèque d’Alexandrie retrouvée.

#Novela2010 Liseuses (lisels) sur une table du Livre numérique

Partager nos expériences et avis avec les jeunes blogueurs ou blogueuses, en allant très vite dans les compréhensions, sans palabre inutile, car nous parlons le même langage, a été pour moi un réconfort exceptionnel. J’ai eu le sentiment que la relève était assurée.

Et j’ai fait de grandes rencontres humaines, Julien Bonnel, Cédric Beuchet, Louella Borderies, Willy Braun, Aurore Beugniez, Benoit Salles, Frédéric Daubagna et Jacques Pecate, Nadege Barreaud, Franck Menigou, Maud Dahlem, Samuel Bausson, Charlotte Hénard, Carole Fabre, Nicolas Richer, Aladin El Hedri et les jeunes d Twitapero de BlogsurGaronne, et encore Aziza Morceli, Denis, Christophe, Romain Rolland, Jérôme…

C’était ma première sortie publique depuis des années et des années de claustration entre mes talus bretons. Il a fallu la Ville Rose (et ma fille coordinatrice) pour m’attirer là. J’en repars riche de nombreux sourires et regards bienveillants.

Car c’est aussi cela qui m’a séduite dans le Festival des Savoirs Partagés à la Novela 2010 : la gentillesse, la courtoisie, la bienveillance entre les gens dans les ateliers, les tables rondes. Ce n’est pas si courant. Alors oui, si je le peux, je reviendrai l’année prochaine.

Bravo à la Mairie de Toulouse et à ses représentants qui travaillent avec autant de coeur sur le thème de l’innovation.

Merci aussi à Mélanie Portet-Le Doze, pour son excellente coordination. Parcours sans faute. Bravo !
Jusqu'à la dernière minute : Romain Rolland et Mélanie Portet-Le Doze

Galerie photo Flickr : http://www.flickr.com/photos/gaelle_kermen/sets/72157625099726596/

© gaelle kermen octobre 2010

CRYSTAL un jeu une sculpture par Olivier Bessas

CRYSTAL

assemblage de structures
matière : Plexiglas
taille du puzzle : 36 cm x 33 cm
création : Olivier Bessas
date : 2010

Reflets et transparences
Jeu sculpture d'Olivier Bessas

Un jeu, des oeuvres d’art

L’énergie induite par la composition du jeu est aussi forte que celle que j’éprouve devant un cristal de quartz, comme une clé ouvrant une porte vers un monde inconnu, infini.

Je me rappelle ce druide qui nous avait appris il y a bien longtemps à aller sous l’allée couverte proche de ma chaumière, il nous faisait chercher un cristal de quartz au pied des grosses pierres, nous le serrions fort dans notre main et assis sous le dolmen, nous faisions le vide.

Alors chacun voyageait dans les hautes sphères de l’espace ou descendait d’abord dans la profondeur de la terre pour y cueillir les diamants cachés de sa mine. Télescopage de la légende celtique des korrigans gardiens des trésors et projection mentale dans un espace interstellaire où les vibrations se répercutent d’une planète à l’autre pour agir sur nos marées personnelles.

Voilà ce que je ressens devant ce jeu d’Olivier Bessas, moi qui ne suis pas joueuse mais esthète. Ce jeu est d’évidence oeuvre d’art unique. Chaque composition devient création. Instant figé dans la cristallisation du quartz, captage de la lumière qui va changer au fil des heures comme au bord de la mer. Je me sens aussi bien devant un jeu « Crystal » que lorsque j’entre dans certaines cathédrales, lieux souvent implantés sur des lieux mégalithiques archaïques.

Je ne m’attendais pas à ce choc esthétique.
A Noël 2009, j’avais rencontré ce jeu dans la chambre de mon petit-fils. Je l’avais admiré en bois. J’avais apprécié la matière si belle, si bien travaillée et polie, et d’instinct je passais ma main sur les pièces, avec sensualité.

Mais en cette rentrée de septembre 2010, je rencontre la version en Plexiglas, matière noble, et je suis sous le choc.

La forme est la même, la dimension l’est sans doute aussi, mais ce qui est enraciné et cerné dans le terreau initial avec le matériau bois, aussi beau soit-il, devient matière initiatique infini avec le Plexiglas cristallisé.

Le premier mot qui m’a échappé : Transcendance.

Si j’avais ce jeu, je le mettrai au mur en puzzle tel qu’il est présenté et je le regarderai comme un tableau d’art contemporain.

Ou alors j’en ferai une sculpture comme celles qu’a érigées Olivier Bessas. Ce ne serait pas les mêmes. J’essaierai d’en faire jaillir la flamme de lumière qui m’évoque la force d’énergie piézo-électrique du quartz, utilisé pragmatiquement pour allumer nos gazinières.

J’en ferai un vaisseau spatial pour libérer les rêves.
Et je méditerai devant sa beauté en élévation spirituelle…
Oui, c’est une rencontre presque sacrée que je viens de faire avec ce jeu.

Chaque jeu est unique, Olivier Bessas le retravaille pièce par pièce, une face est brillante et transparente, l’autre est mate.

Une oeuvre d’art contemporain pour collectionneurs et esthètes.

Olivier Bessas participera au Salon Business Art de l’Espace Cardin, du jeudi 14 au dimanche 17 octobre 2010, 1-3 avenue Gabriel, 75008, PARIS Métro Concorde
Gazette des Arts

Test des blogs de voyage ou blogging

Test des supports de bloguage (blogging)

Recherchant toujours la rapidité et l’efficacité d’expression, les blogs de voyage ont été l’occasion de tester de nombreux supports qui m’étaient proposés dans mon navigateur Flock, le tableau de bord qui me permet de gérer tous mes réseaux sociaux, de Twitter à Facebook, en passant par GMail, Yahoo, Flickr pour mes photos ou YouTube pour mes vidéos.

J’en ai supprimé beaucoup, certains blogs avaient vraiment trop de pub et je suis allergique à la pub et à tout ce qui conditionne une consommation non sollicitée.

J’ai gardé TopDepart et WordPress.

J’avais trouvé le site de voyage TopDepart par une recherche sur internet. J’ai eu une grande angoisse il y a quelques temps, car je ne pouvais plus accéder à mon blog. Alors j’ai décidé de tout doubler en site miroir… Redondant peut-être, mais j’ai ainsi la garantie de retrouver mes petits !

TopDepart est bien conçu car les rubriques sont construites pour les voyages. Le journal du voyage peut être exporté dans l’ordre au format PDF, ce qui est plus facile pour la lecture chronologique. Je le garde donc pour ça. Il prévoit aussi une rubrique Budget, pratique pour le calcul des coûts de journée.
Il a un peu de pub, mais elle est discrète, sur le côté. Son principal défaut est dans la gestion des photos, mais c’est peut-être parce que je travaille sur Mac.

Je mets donc désormais toutes mes photos sur Flickr pro, où ma galerie sera complétée régulièrement. Il m’est très facile ainsi d’illustrer mes billets.

Le navigateur Flock me permet de faire des billets rapides sur tous mes blogs, ça c’est vraiment pratique.

Voilà, un petit état de la question technologique et pratique…

Rappel des liens

Flickr pro
TopDepart
WordPress

© gaelle kermen 2010

Retours

Après le voyage, le retour est toujours à la fois difficile et agréable. Difficile parce qu’il faut changer le rythme de nos déambulations, agréable parce qu’on retrouve son nid. Cette année, il faisait froid mais le nid s’est vite réchauffé. Le secret : le chanvre sur les murs.

Quand je pars, je coupe tous les compteurs d’énergie, électricité et eau, je ne prends plus de risque. Lors d’un voyage à Toulouse, j’avais laissé le courant pour le congélateur et un orage a eu raison de lui juste avant mon retour. Depuis j’allège tout. Plus de courant pour la conservation des aliments, trop lourd sur le plan écologique, je me suis remise aux conserves maison. Je vide le frigo et tout et tout.

Lors des deux retours du bout du monde, il faisait très froid en Bretagne et la maison non chauffée pendant plusieurs jours était bien fraîche : il faisait 5° dans l’escalier d’entrée du premier étage où je me tiens en hiver, pour économiser l’énergie, toujours, et parce que j’aime être dans une cellule de moine pour travailler quand les jours sont courts et ne m’invitent pas à aller travailler dehors, sauf ponctuellement pour un élagage ou autre.

Dès notre retour, j’ai allumé les radiateurs électriques, mini, 750 w dans l’escalier, 1500 w dans la chambre d’écriture et 2000 w dans ma chambre-studio-cuisine, plus vaste et un petit dans la salle de bain.
Jose-Anne n’en revenait pas, en très peu de temps, celui de défaire nos bagages, de dresser la table dans la chambre d’écriture, de chauffer ce qui devait l’être, et la température ambiante des pièces était confortable. Rien de trop, nous étions bien couvertes, style pelures d’oignons, mais la chambre d’écriture était agréable. Comme Jose-Anne n’aime pas avoir une chambre trop chaude pour dormir, j’ai réglé au minimum le radiateur avant de lui souhaiter une bonne nuit.
plat d'huitres et cremant de bourgogne

Le secret : l’isolation en chanvre

Depuis les années 70 en Ariège (09,FR), j’ai été préoccupée d’économie d’énergie sans attendre les discours officiels sur un développement durable. J’ai donc toujours privilégié les matériaux naturels et éprouvés par le temps comme la chaux, le bois, le verre, le chaume, la pierre, la terre.

Les premières informations sur le chanvre m’ont été transmises en 93 par mon architecte Christophe Van de Mortaele, belge tombé amoureux des chaumières bretonnes. Puis j’ai rencontré Jean-Pierre Andrieu, génial agriculteur bio qui a introduit ce matériau et sa préparation pour l’isolation dans l’habitat dans ma région à Riec-sur-Bélon (29340, FR.

Depuis 96, j’ai refait beaucoup de choses moi-même en auto-construction et j’en vois les résultats toute l’année mais particulièrement quand les températures sont excessives, dans un sens comme dans l’autre.
Auparavant la chambre d’écriture, qui se situe en pignon du côté de l’est, était la plus froide de la chaumière dès que le vent se mettait à souffler de ce côté-là. Sinistrée en 2004, le toit a été refait en partie en ardoise (il y avait urgence et je ne trouvais pas de chaumier), mais j’ai pallié la perte de ce merveilleux isolant naturel par une couche de 20 cm de laine de chanvre.

Puis j’ai refait tout le pignon est avec mon mélange personnel d’enduit de chanvre, en intégrant mes bibliothèques de chaque coté du manteau de la cheminée de la pièce du dessous où j’avais mon bureau (que je dois refaire cette année 2010 car il avait aussi été sinistré lors des tempêtes 2004 qui avait eu raison d’une partie du toit de chaume). Quand on pose la main sur l’enduit de chanvre, il est toujours tempéré, jamais froid comme certains matériaux modernes. C’est comme une peau, douce…

Bref le chanvre a contribué au bonheur du retour, en nous donnant une température confortable et agréable à moindre coût. Certes, j’utilise encore les radiateurs électriques, n’ayant pas les moyens d’investir dans des solutions plus onéreuses, mais je vois d’année en année ma facture d’EDF diminuer, ce qui est le meilleur signe de mes économies d’énergie…

Actuellement, je saisis chaque soir mes cahiers de chantier écrits manuellement depuis des années. Des fiches techniques et pratiques, avec les proportions et surtout mes petits trucs personnels pour gérer seule ces matériaux, seront disponibles sur le site Kerantorec. Abonnez-vous, vous en serez informé(e) tout de suite. Bonne année 2010.

© gaelle kermen 2010