agence de design aestetype Toulouse

agence de design aestetype Toulouse

Agence de design aestetype Toulouse

Bureau de Création, Design et Expériences connectives

#design #toulouse #aestetype #creation #connexion

Nous nous étions rencontrés à la Novela 2010 (festival numérique du partage des savoirs). Les designers réalisaient des QRCodes qui m’avaient beaucoup impressionnée, je les avais trouvés beaux comme des tableaux, et près de Jacques et Frédéric j’avais retrouvé l’ambiance créative stimulante que j’avais connue entre 1969 et 1975 quand je travaillais avec Yves SunHill, designer (1948-2012). Frédéric m’avait fait un QRious Code pour mon roman de jeunesse Aquamarine 67.

QRious code réalisé par Frédéric Daubagna à la Novela 2010 pour Aquamarine 67, roman-vérité. © gaelle kermen 2015
QRious code réalisé par Frédéric Daubagna à la Novela 2010 pour Aquamarine 67, roman-vérité. © gaelle kermen 2015

Nous étions restés en contact par Facebook et Twitter. Ils étaient abordables, faciles à contacter. Connectés, nous sommes tous trois, rapidement pris fut le rendez-vous.

Raison de la visite

Si je me suis permis de demander à visiter l’agence aestetype de Toulouse, c’est que je veux montrer à mon petit-fils le monde du travail.

À Lorient, au port de pêche de mon enfance, nous avions rencontré un fondeur d’une fonderie créée par son grand-père après la guerre, quand j’habitais là. Le fondeur, fier de son travail, avait expliqué à Noé, qui venait d’avoir 8 ans, comment d’un gros tube d’acier qu’on voyait stocké en attente, on pouvait faire d’énormes manilles servant à tenir les câbles soutenant les grands ponts à travers le monde. Le résultat était beau comme des sculptures d’art contemporain.

À Toulouse, où nous étions ensemble, Noé et moi, pour les vacances de Pâques 2015, j’ai eu l’idée de visiter une agence de design pour lui montrer une autre façon de travailler et une autre forme d’art au quotidien. Je ne sais pas s’il a tout apprécié, mais il en gardera des images pour l’avenir. Il est toujours bon de montrer aux enfants une belle réalité. Noé a pris certaines photos illustrant cet article sur sa tablette Kindle Fire.

Plan MindMap de l'article fait sur SimpleMap pour iPad1 © gaelle kermen 2015
Plan MindMap de l’article fait sur SimpleMind+ pour iPad1 © gaelle kermen 2015

Lieu

En face de la Prairie des Filtres, entre deux ponts.

Noé au Pont Neuf en face du Pont Saint-Michel, devant la Prairie des Filtres, en chemin vers aestetype. © gaelle kermen
Noé au Pont Neuf en face du Pont Saint-Michel, devant la Prairie des Filtres, en chemin vers aestetype. © gaelle kermen

L’agence se situe entre deux ponts, le Pont Neuf et la passerelle Saint-Michel, comme un passage symbolique entre la création et la réalisation, entre le besoin de communication et la concrétisation d’un projet qui soit efficace dans la société et la vie quotidienne.

Designers

Frédéric Daubagna et Jacques Pecate sont deux designers complémentaires, qui se connaissent depuis longtemps, ils échangent les idées en permanence et se soutiennent mutuellement. Ils sont sur les mêmes longueurs d’onde. Leur mode de vie est simple, respectueux de la nature. Frédéric nous explique qu’il habite de l’autre côté de la Garonne et qu’il est chez lui en 7 minutes. Parfois ils mangent le midi sur la Prairie des Filtres, juste en face. Tous deux aiment les sorties dans les régions avoisinantes.

FredericDaubagna
Frédéric Daubagna, designer, agence aestetype. © gaelle kermen 2015
Jacques Pecate, designer, agence Aestetype © gaelle kermen 2015
Jacques Pecate, designer, et une partie de l’équipe de l’agence Aestetype © gaelle kermen 2015

 

Agence aestetype

Un stagiaire Adrien travaille sur un portable dans la première pièce. C’est lui qui nous accueille.

Je suis heureuse de voir Frédéric entier sur ses jambes et en bonne forme, alors qu’il a frôlé la mort de près dans un accident de la circulation il y a quatre ans. Formidable reconstruction.

Frédéric et Jacques m’offrent du miel d’une ruche urbaine dont ils possèdent une petite part en crowdfunding. Touchante attention que de partager le suc de la vie.

Décor

Des QRCodes géants s’affichent sur les murs de l’agence, des tableaux qui renvoient à des pages internet, quand on scanne le dessin avec un smartphone doté d’une application spécifique.

Décor de l'agence en entrant. Le sport n'est jamais loin, les raquettes de ping pong attendent sur la desserte un moment de détente. © gaelle kermen 2015
Décor de l’agence en entrant. Le sport n’est jamais loin, les raquettes de ping pong attendent sur la desserte un moment de détente. © gaelle kermen 2015

D’immenses iMacs se partagent le bureau commun à Jacques et Frédéric, installés l’un en face de l’autre, échangeant idées, projets, réalisations.

BureauxdesDesigners
Deux bureaux avec iMacs pour une collaboration fructueuse entre les deux designers. © gaelle kermen 2015

Une chaîne stéréo à l’ancienne (avec platine, ampli, haut-parleurs, comme à la belle époque des vinyles) trône sur un établi, bien solide, le benchwork si cher à Steve Jobs, initié très tôt au beau travail fini par son père adoptif, qui en fit le premier meuble du garage de l’Apple I. Beau symbole de création.

— L’établi, nous dit Jacques, sert à faire des prototypes, quand nous devons faire des présentations, construire des objets, faire des supports.

Méthode de travail

Les designers commencent d’abord par un croquis à la main sur de gros carnets posés devant les iMacs. Ensuite le travail se fait avec l’ordinateur sur un grand écran confortable.

Quand il faut expérimenter certaines formes, le travail peut se continuer sur l’établi. Il est important d’avoir un établi chez soi à portée de main, je suis bien d’accord !

Même si désormais pour moi tout est numérique, j’aime ce passage de l’idée tracée d’abord au crayon sur des carnets épais et nombreux, puis travaillée sur l’écran, à la réalisation d’un modèle, sur l’établi, manu militari, avant fabrication chez un artisan.

Après le départ de Frédéric à un rendez-vous, nous restons avec Jacques à échanger sur leur parcours.

Formation

Jacques Pecate est autodidacte et s’est forgé lui-même une immense culture. Il a appris son métier en faisant des stages dans des agences de communication, dans le milieu graphiste parisien des années 80. J’ai eu un aperçu de cette effervescence créative lorsque je travaillais comme assistante du designer Yves SunHill (AD Design, YSH) fin 60 et début 70. Je comprends mieux pourquoi Jacques est si réactif sur certains posts « culturels » sur Facebook, ce n’est plus si courant.

Frédéric Daubagna s’est formé au Scriptorium de Toulouse avec Bernard Arin. Il a rencontré un super calligraphe et typographe, François Boltana, qui lui a donné le goût de la belle présentation.

Le nom de l’agence est créé sur les mots d’esthétique et de typographie.

À la Novela 2010, j’avais apprécié chez Jacques et Frédéric ce bel esprit d’intuition et d’imagination, efficace, pratique, qui apporte quelque chose de plus, toujours avec le souci de l’esthétique.

Je pense alors à Steve Jobs, formé aussi à la calligraphie, les seuls cours qu’il avait suivis à l’Université de Reed, avant de laisser tomber les filières classiques pour emprunter d’autres routes lors de son voyage en Inde. Il avait trouvé là-bas l’esprit d’intuition qui l’a inspiré dans sa création des premiers Macintoshs et pour la gestion d’Apple, esprit qu’il a gardé jusqu’au bout, à l’encontre de toutes les théories économiques de l’époque.

J’ai retrouvé l’esprit d’intuition à l’agence aestetype.

Brainstorming idée d’un grand tableau blanc connecté

Comme cet hiver j’ai lu en américain sur Scribd tout ce que je trouvais sur Steve Jobs et Mark Zuckerberg, je reste dans l’esprit d’innovation.

Dans ma propre écriture, quand j’ai une idée, quand je veux faire un texte pour un article ou un chapitre d’eBook, je l’écris au vol sur mon iPad1, sur SimpleMind, une application de MindMap qui remplace pour moi le grand tableau blanc, utilisé aussi bien par Steve Jobs, quand il a repris Apple en 1996, que par Mark Zuckerberg en 2003, alors étudiant à Harvard, quand il mettait au point ses programmes de connexion entre les gens à travers le monde dont on connait le résultat.

Il me vient maintenant à l’idée qu’il manque peut-être un grand tableau blanc de brainstorming dans le décor de l’agence æstetype, dont la visite m’a souvent évoqué la créativité et le savoir-faire de Steve Jobs, entre les QR codes artistiques et l’établi où reposait la bonne vieille chaîne stéréo pour écouter les vinyles.

J’ai repéré la machine à café (j’ai la même, une Senseo rouge), mais il serait bon d’avoir en plus un coin salon confortable, genre avec un canapé et deux ou trois fauteuils, et surtout un grand tableau blanc pour noter les idées qui fusent lors d’une séance de travail créatif.

L’idéal bien sûr serait un tableau blanc connecté aux iMacs, par une application de MindMap. Ainsi il suffirait de reprendre ce qui a été écrit, comme je le fais pour créer tous mes textes désormais, en récupérant le texte dans Scrivener.

Je ne sais pas si un tableau blanc connecté à un iMac existe, mais ce serait une bonne invention pour les graphistes et les enseignants.

Voilà bien l’avantage d’être en contact avec des créatifs, c’est qu’ils nous donnent des idées et nous rendent enthousiastes. C’est ça la bonne vie !

Et ces deux designers, avec leurs visiteurs, leurs stagiaires, leurs partenaires, vont faire fuser les idées et les réaliser avec tous leurs talents pour leurs clients.

— Notre métier est vivant, dit Jacques, c’est pour ça que nous le faisons avec passion.

Je leur souhaite de garder leur enthousiasme et de marcher dans la beauté. Car tout ce qu’ils touchent est beau. Et le monde a besoin de beauté pour survivre.

Merci Jacques, merci Frédéric ! Bonne rentrée à vous !

Quelques réalisations
QR code design
Biocenys
Grotte du Mas d’Azil
Château de Foix
Aestream

Adresses
Adresse web de l’agence
Facebook
Twitter
Instagram

Adresse de l’agence : 23 rue Laganne, rez de chaussée, entre le bout des Allées Charles de Fitte et le Cours Dillon, au milieu de la Prairie des Filtres.
31300 TOULOUSE
FRANCE
Tel : +33 9 52 67 20 22

Album Flickr pro sur la visite de l’agence le 17 avril 2015 et de celle du 9 septembre 2015
Crédits photo : Noé Delmas et Gaelle Kermen

Article finalisé à Toulouse le 8 septembre 2015

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Post Scriptum après la visite du 9 septembre 2015

Après la publication de cet article de blog, j’ai revu les designers dans l’agence, occasion de faire connaissance avec un nouveau stagiaire, Léo, de retour de Saint-Petersbourg (toujours pour moi une façon de voyager que de l’écouter me raconter sa vie là-bas), et les nouveaux venus dans l’équipe, qui a ajouté des bureaux, et aussi de reprendre des photos de Jacques Pecate, dont les portraits pris à Pâques n’étaient pas à la hauteur qu’il méritait. Bon, je dois être meilleure écriveuse que photographeuse, j’ai capté une certaine lumière et c’est ce qui m’importe.

Je fais amende honorable : les designers ne m’avaient pas attendue pour mettre un canapé dans l’agence, il était bien là, mais j’écoutais Jacques et je ne l’ai pas vu. Je l’ai donc pris en photo ainsi que l’établi et le vélo de Frédéric, un vrai vélo design, avec un beau garde-boue en métal…

Le canapé, le vélo, l'établi, dans l'agence aestetype © gaelle kermen 2015
Le canapé, le vélo, l’établi, dans l’agence aestetype © gaelle kermen 2015
L'établi et la chaine stereo pour vinyles. agence aestetype © gaelle kermen 2015
L’établi et la chaine stereo pour vinyles. agence aestetype © gaelle kermen 2015
Jacques Pecate et Frederic Daubagna au travail, agence aestetype © gaelle kermen 2015
Jacques Pecate et Frederic Daubagna au travail, agence aestetype © gaelle kermen 2015

Et pour finir la visite de l’agence, je vous laisse sur des images que nous regardions en direct sur eternal-sunset, avec un ciel étrange relayé par de nombreux internautes.

Aestream, live, agence aestetype © gaelle kermen 2015
Aestream, live, agence aestetype © gaelle kermen 2015

© Gaelle Kermen 2015

Post-Scriptum du 21 mai 2016 : Tweetwall de la Nuit du Musée 2016

L’agence aestetype a conçu le mur de tweets de la Nuit du Musée européenne 2016.
#NDM16 @NuitdesMusees @aestreamlive

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verrieres-residences-ateliers de pont-aven en peril ou un bon artiste est-il un artiste mort

Verrieres residences artiste

Promenades au musée de Pont-Aven et réflexions sur le projet du nouveau musée, qui conserve la façade actuelle de l’hôtel de ville, la salle Julia de l’ancien restaurant de l’annexe de l’hôtel,  mais supprime les ateliers d’artistes,  aux belles verrières, conçus par Julia Guillou à la fin du XIXe siècle.

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Le musée de Pont-Aven présente une exposition de 130 tableaux issus de son fonds permanent « De Gauguin à Gromaire, la naissance d’un musée », d’octobre 2011 à septembre 2012. Ensuite le musée sera fermé au public pour re-création.  Construit en 1985, géré par Catherine Puget, premier conservateur, il est devenu trop petit et ne peut exposer que 10% de sa collection. Le projet adopté en juin 2011 est celui de l’atelier de l’île, de Brest, dont les références muséographiques sont impressionnantes. Le projet est développé sur de grands panneaux, en bas, côté fonds permanent, à la fin de l’exposition.

http://www.museepontaven.fr/

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Présentation du projet de re-création du musée de Pont-Aven

J’ai assisté le 17 juin 2011 à la présentation aux Amis du Musée du projet par Isabelle Biseau, maire de Pont-Aven et Estelle Guille des Buttes-Fresneau, conservateur, requise  en 2006 pour le travail scientifique et culturel de la re-création du musée.
futur Musee de Pont-Aven facade inchangee
J’adore les entendre toutes deux lors des vernissages, car elles mettent une grande passion à défendre le patrimoine local laissé par les nombreux amoureux de Pont-Aven depuis la première moitié du XIXe siècle.

Pourtant, ce soir-là, je ne pouvais pas me laisser aller à l’enthousiasme qu’elles manifestaient. Je pensais : quelque chose ne va pas.

La distribution du futur musée me paraissait excellente, avec les réserves dans l’actuel musée perpendiculaire aux annexes de l’hôtel Julia, avec le rez-de-chaussée d’accueil et sa documentation accessible à tous, plus un coin pédagogique pour les écoles, un étage réservé au fonds permanent, un autre étage aux expositions temporaires.

Mais le plus bel étage devait être réservé à l’administration. Non, là mon cerveau n’adhérait plus. La partie moderne me paraissait juste destinée aux ascenseurs et axes de circulation, coûteux en énergies.

Ce qui me gênait : la perte de deux salles et un foyer et en plus la perte des Verrières, les ateliers, les résidences d’artistes, dont je suivais les vernissages comme celui de Franco Livier un an plus tôt.
http://www.flickr.com/photos/gaelle_kermen/sets/72157624105396635/

Perte de deux salles et un foyer

Actuellement nous allons suivre des conférences ou des assemblées générales dans l’auditorium du musée, ou dans la salle Gauguin,  qui va devenir le hall d’accueil du nouveau musée, ce qui est très bien, et dans la salle Julia, qui doit rester intacte dans le cahier des charges, mais sera adaptée pour être une salle aussi bien de conférences que de musique de chambre.

J’espère que les piliers de la salle ne gêneront pas la vue. J’avoue que j’avais espéré une salle de conférence plus moderne, avec gradins, car actuellement il est difficile de regarder les projections de tableaux dans un confort normal.

Dans le projet du musée, l’auditorium deviendra salle du conseil et des mariages de la nouvelle mairie, qui s’installera dans la maison Rouquier déjà achetée et dans la partie la plus récente du musée actuel autour du patio

On ne sait pas encore où iront les associations qui se réunissaient dans le bâtiment des Meunières, démoli dans le projet pour y créer des espaces de circulation.

Mais le débat doit se faire avec la population à ce sujet avant les travaux,  c’est pourquoi je publie ici les notes prises dans mon journal de vie après cette présentation.

Perte des verrières

Dans le nouveau musée, les verrières sont préservées sur la façade des deux bâtiments de l’annexe de l’hôtel Julia, bâtiments construits en deux fois, en 1886 et en 1900 par Julia Guillou, directrice, puis propriétaire, qui avait dévolu quatre ateliers aux artistes.

Je demandai à Madame Biseau ce qu’allaient devenir les Verrières, dont je voyais une photo sur l’invitation qu’elle venait de me remettre pour le vernissage de l’exposition du lendemain au musée de l’artiste allemande Julie Meyer : « Fenêtre sur champ ». Elle me répondit : « Maintenant elles vont être appropriées par l’équipe du conservateur ».

Exposition « Fenêtre sur champ »

Le lendemain de la présentation, j’assistais au vernissage de « Fenêtre sur champ », où les enfants de l’école de Scaër s’appropriaient avec bonheur les vues projetées sur le mur noir de la salle de documentation de l’actuel musée. Manifestement l’expérience de travail en photo et vidéo avec Julie Meyer les avait conquis.
Julie Meyer profil au Canon

En sortant du musée, j’ai voulu voir comment se situait l’escalier et l’espace de chaque niveau d’étage de l’actuel Hôtel de Ville installé dans les deux annexes de l’hôtel Julia.
Verrieres façade actuelle de l'hotel de ville

Les Verrières – ateliers – résidences, merveilleux espaces

Au dernier étage accessible, celui des Verrières, Ann Stouvenel était dans son petit bureau, près du labo photo servant aux artistes en résidence. Elle a ouvert la porte des ateliers d’artiste. J’ai pris des photos. La vue est sublime.

des Verrieres l'atelier d'Ernest
Je voyais de haut l’Atelier d’Ernest, (Ernest Correlleau, fils d’un notaire connu de Gauguin), j’avais assisté là au dernier vernissage de Pierre-Eugène Clairin, mort le 7 juillet 1980 en rentrant chez lui, souvenir émouvant toujours. Je voyais la belle place de plus haut que ce que nous en voyons lors des buffets de la salle Julia. Je voyais l’église de Pont-Aven, nichée dans ses toits divers toujours harmonieux. Je voyais au loin de belles maisons aux tours solides.

Je suis sortie de là en me disant qu’il n’était pas possible de priver les artistes en devenir d’un si bel espace qui leur était dédié dès le départ et de l’attribuer de façon restrictive au conservateur et à son équipe. Non pas qu’ils ne le méritent pas, je suis trop admirative de leurs compétences et de leur travail pour me permettre de les juger. Mais l’appropriation dont me parlait le maire ne peut pas être dévolue à leur seul usage.

Cet espace appartient aux artistes par la volonté de Julia. Si la salle Julia a été préservée dans le cahier des charges du nouveau musée, comme la façade de l’immeuble, pourquoi les verrières ne l’ont-elles pas été ?

Au moins les deux Verrières visibles de la rue.

Les artistes en résidence peuvent être logés en ville et avoir à disposition ce beau volume à la lumière stable, ouvert sur un décor exceptionnel. Les ateliers d’artistes devraient être intégrés à la vie du nouveau musée. Ce serait aussi respecter la volonté de Julia elle-même. Dans un pays comme la Bretagne, il est important de respecter la volonté des morts.

D’autres possibilités sous les combles

A l’étage des Verrières, l’escalier continuait, barré par une corde et une table à tréteaux couverte de documents d’art sur les réalisations des artistes en résidence. Le plan d’incendie du bâtiment notait un étage sous les combles, semblant aussi hautes de plafond que chaque étage, présentant de très beaux et vastes volumes.

En sortant, j’ai pris en photo la façade. On ne voit pas de fenêtre dans le toit au-dessus des Verrières, mais sur le bâtiment à côté on voit bien cinq fenêtres en chien-assis signifiant une habitabilité.

hôtel de vlle de Pont-Aven façade du futur musée

Lors de la présentation de la re-création du musée rien n’a été dit de l’utilisation de ce dernier étage. Depuis, je suis retournée deux fois au musée où le projet est présenté sur de grands tableaux, rien n’est noté à ce sujet.

Propositions

Pourquoi ne pas réserver cet espace à l’administration ?

L’équipe est-elle si nombreuse qu’elle ait besoin d’un étage entier sur deux bâtiments, soit près du quart de la nouvelle surface du musée ?

De même dans le projet, une pièce est réservée au photocopieur, outil qui dans cinq ans sera aussi obsolète que le fax ou le télex. La documentation va se décorporer,  leur transmission se virtualiser, les habitudes de travail évoluer, il faut voir plus loin.

Le bâtiment est constitué de deux maisons réunies au début du XXe, il serait possible de fermer la partie des Verrières avec des portes coupe-feu, pour garder l’autre partie, côté hôtel des Ajoncs d’Or, ex-Hôtel Gloanec, pour l’administration, qui pourrait se faire sur les deux derniers niveaux.

Un musée et des résidences d’artistes

Non, décidément, même avec du recul, je ne peux pas imaginer des bureaux dans l’espace des deux Verrières côté rue, j’y vois toujours un lieu de travail vivant, actuel, enraciné dans le passé, ouvert sur l’avenir, où le public pourrait accéder certains moments de l’année.

Les Verrières peuvent être un cœur qui bat dans le nouveau musée.

Un bon artiste est-il un artiste mort ?

Ce n’est pas ce que pensait la bonne hôtesse, Julia Guillou en créant ces magnifiques ateliers il y a plus d’un siècle. Certes, elle n’était pas conceptrice d’un musée, mais sa démarche a été admirable et elle doit être valorisée dans l’histoire du musée.

Serons-nous moins modernes que cette femme qui a œuvré à la reconnaissance internationale de la petite cité de Pont-Aven ?

IL FAUT SAUVER LES VERRIERES DE PONT-AVEN.

***

Citation d’Isabelle Biseau in : « Come as you are », plaquette réalisée par « Les Moyens du Bord » de l’exposition « Autour de la baie », d’artistes en résidence aux Verrières en été 2011

L’histoire de la ville de Pont-Aven est marquée par l’accueil d’artistes de tous horizons. Depuis 1986, les Verrières-résidences-ateliers de Pont-Aven perpétuent cette tradition en invitant des plasticiens, critiques d’art, graphistes, théoriciens et en soutenant tout projet ayant un lien avec l’art contemporain. En continuant à occuper d’anciens ateliers de peintres, conçus à la fin du XIXe siècle, la communauté s’engage à proposer une aide adaptée aux besoins des auteurs, participe au développement et à la diffusion de l’art contemporain et œuvre pour la création d’échanges entre professionnels de l’art et habitants.
Isabelle Biseau, maire de Pont-Aven.
enfant devant la photo de Julie Meyer prise du phare d'Eckmühl

***

Pour aller plus loin, quelques liens sur Flickr:
Album verrières
Expo Fenêtre sur champ Julie Meyer
Classeur Musee de Pont-Aven
et
Site des Verrières-résidences-ateliers de Pont-Aven
Copyright Gaelle Kermen 2011 Hentadou

Operation Orsay Commons dimanche 5 decembre 2010 11h30

Première Operation Orsay Commons dimanche 5 decembre 2010 11h30

Depuis juin 2010, le Musée d’Orsay interdit aux visiteurs de prendre des photos du fonds et du bâtiment.

Dimanche 5 décembre 2010, une première opération dite OrsayCommons a lieu à 11h30 dont le fil peut être suivi sur Twitter avec le hashhag, la balise #OrsayCommons
Cette opération se renouvellera tous les premiers dimanches du mois, lorsque l’entrée est gratuite. A vos numériques, à vos smartphones !

Voici comment je vis cette interdiction, eu égard à mon habitude de prendre des photos lors de mes voyages, à l’étranger comme en province, de les poster en classeurs et albums sur Flickr et d’en monter parfois des vidéos sur YouTube.

Rappel des règles habituelles
Les photos sont en général permises dans les fonds des musées nationaux, gérés par une partie de nos impôts, nous appartenant de facto et constitués d’oeuvres du domaine public le plus souvent.
Il est légitime que nous puissions en bénéficier par la prise de photos à usage personnel.
Les photos doivent être prises sans flash.
Si on publie les photos, il doit toujours être fait référence au Musée où il est visible.
Les règles commerciales sont différentes.

Claude Monet, Cathedrale de Rouen soleil matinal, harmonie bleue, 1894
Claude Monet, Cathedrale de Rouen soleil matinal, harmonie bleue, 1894, Musée d’Orsay, Paris

Dans les expositions, les tableaux appartiennent à des collectionneurs privés qui en détiennent les droits. On n’a donc pas le droit de photographier.

La position récente du Musée d’Orsay
A la différence des musées internationaux, le Musée d’Orsay prétend nous interdire de photographier les fonds et même le bâtiment. Cette parano à propos des droits devient insupportable. Si c’est pour mettre les reproductions des tableaux sur les magnets pour frigo ou sur les mugs vendus dans la boutique, franchement je dis non.

Personnellement, au cours de mes voyages, j’aime prendre des photos dans les fonds des Musées. Je prends en même temps les cartels pour garder les références précises, que je mets ensuite dans la description des albums à disposition sur Flickr.
Je les légende avec précision, ce qui m’a valu d’être invitée au cercle très fermé du Catalogue raisonné de Claude Monet, fait en Haute Définition sur Flickr, à partir du catalogue établi par Daniel Wildenstein.

Les photos publiées ainsi ne nuisent pas aux Musées.
Bien au contraire, les albums publiés incitent à aller visiter les musées dans le monde entier.
Nos provinces d’ailleurs regorgent de trésors oubliés, mal mis en valeur. Les mettre en ligne leur offre une vitrine qu’aucun dépliant n’aura, vite mis à la poubelle, alors qu’un seul mot clé sur un moteur de recherche conduit à nos albums sur Flickr ou à nos vidéos sur YouTube.

Rien ne remplace le contact direct avec l’oeuvre réelle.
Aucune photo ne restitue l’énergie mise dans l’oeuvre, tableau ou sculpture, par le créateur.
La photo donne seulement envie d’aller voir l’oeuvre dans le Musée. Nous sommes de plus en plus nombreux à préparer nos voyages pour aller voir telle ou telle oeuvre dans tel ou tel musée de Province ou du Monde.

Claude Monet, L'hotel des Roches noires, Trouville, 1870
Claude Monet, L’hotel des Roches noires, Trouville, 1870, Musée d’Orsay, Paris

Opération Orsay Commons
Ce dimanche 5 décembre 2010, à 11:30, opération Orsay Commons au Musée d’Orsay pour un partage massif des photos. Suivre le fil sur Twitter :
http://twitter.com/#!/search/OrsayCommons
Ami(e)s parisiens : à vos numériques, à vos smartphones !
De tout coeur avec vous.

Pendant l’opération, j’extraie cette image de Seurat :
Seurat Twitpic
#orsaycommons Seurat on Twitpic

© gaelle kermen 2010

Novela 2010 Grand Debat sur le Livre Numérique

TOUJOURS LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES, DES RURAUX ET DES URBAINS

Gaelle Kermen vs Ombres Blanches

NOVELA 2010 Festival Toulouse Numerique Partage des Savoirs
Grand Débat sur le Livre Numérique du 6 octobre 2010

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Ces cinq jours de Toulouse Numérique ont changé ma vie d’auteur numérique indépendant, en me faisant rencontrer des gens aussi enthousiastes, aussi passionnés que moi.

La seule ombre au tableau a été le mépris affiché à mon endroit de la part du patron de la grande librairie Ombres Blanches.

J’ai été traitée avec grand mépris après avoir fait part de mon expérience d’auteur numérique, vivant au fond des bois, en Bretagne, publiant chez un éditeur californien Smashwords, en vente sur Amazon, Apple iPad US, Barnes and Noble, Kobo, Diesel ou Sony, tous organismes diabolisés par ce monsieur dans ses précédentes prises de parole, alors que mes amis cultivés et moi-même commandons nos livres en ligne depuis des années pour ne pas avoir à faire 64 kilomètres, parfois en vain, pour trouver les livres qui nous intéressent.

Il a dénié tout intérêt à l’Internet et aux réseaux sociaux, méprisant ainsi tous ces gens qui, comme moi, étaient venus à Toulouse Numérique pour parler de nouveaux modes de culture, ne dépendant plus d’une élite codifiée, assermentée, diplômée, officialisée, mais accessible à quiconque se donne la peine de réfléchir et de s’exprimer.

Installé sur ses positions de gros libraire, bien assis, en centre ville d’une grande agglomération, il méprisait la finalité même du Festival Novela 2010 Toulouse Numérique, le partage des savoirs.

Mais si je me suis permis de parler comme je l’ai fait, parlant moi de ce que je connais et pratique, c’est parce que dans cinq ans, ce que je vis depuis quinze, dix, cinq ans, sera devenu la norme. Et si Ombres blanches ne le comprend pas maintenant, Ombres blanches ne sera plus qu’une ombre noire.

Alors je n’ai rien répondu. D’ailleurs, alors que j’allais reprendre la parole, le directeur des Editions Privat m’a fait signe de le laisser finir, comme si j’étais une sale gosse impertinente qui coupait la parole aux grandes personnes, celles qui savent.

Mais ces gens pompeux et prétentieux, confits sur eux-même, ont monopolisé notre temps sans nous apporter la moindre information intéressante ni de réponse à la question même du débat : En 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ?

Je n’ai rien entendu sur le livre numérique en 2010, encore moins projeté en 2020. J’ai entendu des Marchands ou des Prêtres du Temple du Livre Sacré parler de leur métier tel qu’ils le pratiquent depuis 150 ans.

Je savais bien que l’impression et la diffusion représente un énorme pourcentage du prix du livre (55%) et c’est même pour cela que j’avais fait le pari d’Internet et de l’édition numérique en 1995, a fortiori en 2010.

Comme je ne pouvais rien ajouter, je me suis mise sur Twitter pour raconter en direct ce qui se passait dans ce débat. Immédiatement retwettée.

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Après le débat, le directeur des Editions Privat est venu me serrer la main et m’a dit avoir apprécié l’humanité que j’avais apportée par mon témoignage, ainsi que l’avaient fait deux autres personnes du public, dont Cedric Beuchet, avec qui je communique depuis la première table ronde de la Novela Toulouse numérique, et la vaguemestre de la Librairie Ombres Blanches qui pensait qu’il y avait de l’humain derrière les boutons d’un site, que j’avais applaudie.

Nous avons parlé rapidement des problèmes juridiques affiliés au livre en France. J’ai pu lui dire que je regrettais de n’avoir pas pu parler des manques qu’affrontait l’auteur numérique, et que surtout surtout il ne fallait pas transposer les modèles connus pour construire l’univers du livre numérique de demain. Il était d’accord mais, pressé, a dû écourter l’échange. J’ai apprécié néanmoins qu’il vienne me serrer la main.

En 2020, j’espère que mes 50 ans d’écriture seront disponibles sur toutes les tablettes, de tous les coins du monde, pour un prix bas accessible à tous, sans DRM (Digital Right Management), car je fais confiance à mon lectorat.

gaelle kermen on Twitpic photo de Michel Fauchié

Retour :
Avant l’arrivée à Marseille dans le train, la dame de l’autre côté de la travée m’a demandé : « Est-ce que vous êtes écrivain ? » J’ai souri et dit : « Oui ! ». Elle m’avait vu lire sur le Kindle vu à la télé, dont elle pensait que c’était une bonne chose et en tout cas l’avenir. Puis elle m’avait vue prendre des notes dans le MacBook, alors elle s’était dit : « Elle est peut-être journaliste ». Plus tard, j’avais mis mon chapeau et là elle avait pensé que j’étais écrivain ! 😉

De Images Blogger

Post-Scriptum :
Je n’ai pas l’habitude de sortir de mon ermitage pour participer à des mondanités. Une circonstance familiale a fait que j’ai assisté à ce Grand Débat sur le Livre Numérique qui ne m’a rien appris que je ne sache déjà.
Une suggestion : j’eusse préféré que l’animateur de ce débat fût Michel Fauchié, de la Médiathèque de Toulouse, qui a su instaurer dans le petit salon du Livre numérique une ambiance propre aux débats permanents entre bibliothéquaires, volontaires et bénévoles, et les lecteurs, sceptiques puis intéressés à la lecture sur liseuses Bookeen, un iPad puis sur mon Kindle que j’ai fini par laisser à disposition. Xavier Cazin (Immatériel) eût contrebalancé les forces traditionnelles de l’édition et de la diffusion des livres en parlant librement de sa pratique numérique. Pour l’an prochain ?
Quant à Ombres blanches, la librairie a de beaux jours devant elle en continuant à organiser les rencontres entre auteurs et lecteurs, car c’est bien le plus important. A méditer !

© gaelle kermen octobre 2010

Sur le Festival Novela 2010 Toulouse Numerique

SUR LE FESTIVAL NOVELA 2010

Après les cinq jours de TOULOUSE NUMERIQUE, du 2 octobre au 6 octobre 2010, dans le cadre de la NOVELA 2010, festival des savoirs partagés, voici un petit bilan que j’ai moins aimé et ce que j’ai adoré :

Je n’ai pas trop aimé :
Entrée du Centre Pierre Baudis, Toulouse, Novela 2010

Le lieu ne me parait pas spécialement populaire. Le Centre Pierre Baudis, très beau, si on le regarde en termes d’esthétique contemporaine, est plus assimilé à un Centre d’affaires où on n’entre pas comme ça. Les grands halls m’ont paru disproportionnés, avec trop de place perdue pour la bonne ménagère soucieuse de préservée l’énergie que je suis. Il me semble qu’un lieu plus convivial conviendrait mieux pour les prochaines éditions.

Pascal Lardellier, sociologue Université de Bourgogne-Dijon en conférence pour la Novela 2010© gaelle kermen 2010

La disposition des débats et tables rondes mettait trop de distance entre les intervenants et les assistants, comme s’ils nous dispensaient la bonne parole de haut en bas avec condescendance. Il faudrait que les chaises soient plus proches et tournent en ellipse (à la rigueur en hémicycle) pour que chacun puisse partager ses savoirs au même niveau.

Ceci mis à part, la scénographie était très agréable et chaleureuse, dans les ateliers, en particulier dans le salon du Livre numérique, qui attirait beaucoup de monde. Merci à Emmanuelle Sapet la scénographe.

#Novela 2010 LIvre numérique essai de l'iPad© gaelle kermen 2010

Les interventions des spécialistes, m’ont paru trop longues, monologuées, ennuyeuses, endormantes. Je préfèrerais le lancement d’un sujet avec deux ou trois spécialistes (je dis bien spécialistes, pas des gens installés qui parlent de ce qu’ils ne connaissent ni ne pratiquent, notamment le web, comme je l’ai vu à cette Novela).

Heureusement, les échanges entre les intervenants blogueurs et quelques passionnés comme moi ont été d’une grande richesse.

Je regrette de n’avoir pas pu discuter avec Jean-Luc Raymond parce que je ne connaissais que son pseudo Twitter jeanlucr. Il est donc souhaitable désormais d’afficher les noms et pseudo du web.

Je regrette de n’avoir pas pu voir les jeunes gens dynamiques de eBouquin que je suis sur Twitter et dont j’ai beaucoup entendu parler dans le petit salon du Livre Numérique.

eBouquins et les iPad

Tout le reste, j’ai adoré !

J’ai particulièrement apprécié la démarche du blogueur Julien Bonnel, les compétences du créateur d’OverBlog, Nicolas Poirier, la créativité des graphistes de la QRious Code Expérience, l’espoir en la nouvelle génération que sont Willy Braun (Toulouse Busines Scool), Benoit Salles (Les Echos du Net) et les jeunes de l’ETPA avec le jeu Versus.

QRcode Frédéric Daubagna et Julien Bonnel

QRious code, oeuvre d'art de Frédéric Daubagna et Jacques Pecate

J’ai surtout eu des échanges formidables pendant cinq jours.

Rencontrer un public aussi enthousiaste que je puis l’être a été pour moi une découverte, moi qui ne sors que rarement de mes talus bretons.

J’ai apprécié l’ambiance du salon du Livre numérique, créée par Michel Fauchié. Au lieu de faire de grands discours, il a permis la manipulation et les échanges.

Mon Kindle3, récemment commandé sur le site d’Amazon US, a servi de démonstration aux bibliothécaires ou bénévoles, à qui j’ai fini par le laisser à disposition car c’était le plus pratique de tous les outils de lecture. Plus que les Bookens en test, plus que l’iPad, trop grand, trop lourd, trop brillant, à mon goût. Le Kindle3 est abouti, confortable, efficace, pratique, léger, à avoir toujours dans sa poche avec la bibliothèque d’Alexandrie retrouvée.

#Novela2010 Liseuses (lisels) sur une table du Livre numérique

Partager nos expériences et avis avec les jeunes blogueurs ou blogueuses, en allant très vite dans les compréhensions, sans palabre inutile, car nous parlons le même langage, a été pour moi un réconfort exceptionnel. J’ai eu le sentiment que la relève était assurée.

Et j’ai fait de grandes rencontres humaines, Julien Bonnel, Cédric Beuchet, Louella Borderies, Willy Braun, Aurore Beugniez, Benoit Salles, Frédéric Daubagna et Jacques Pecate, Nadege Barreaud, Franck Menigou, Maud Dahlem, Samuel Bausson, Charlotte Hénard, Carole Fabre, Nicolas Richer, Aladin El Hedri et les jeunes d Twitapero de BlogsurGaronne, et encore Aziza Morceli, Denis, Christophe, Romain Rolland, Jérôme…

C’était ma première sortie publique depuis des années et des années de claustration entre mes talus bretons. Il a fallu la Ville Rose (et ma fille coordinatrice) pour m’attirer là. J’en repars riche de nombreux sourires et regards bienveillants.

Car c’est aussi cela qui m’a séduite dans le Festival des Savoirs Partagés à la Novela 2010 : la gentillesse, la courtoisie, la bienveillance entre les gens dans les ateliers, les tables rondes. Ce n’est pas si courant. Alors oui, si je le peux, je reviendrai l’année prochaine.

Bravo à la Mairie de Toulouse et à ses représentants qui travaillent avec autant de coeur sur le thème de l’innovation.

Merci aussi à Mélanie Portet-Le Doze, pour son excellente coordination. Parcours sans faute. Bravo !
Jusqu'à la dernière minute : Romain Rolland et Mélanie Portet-Le Doze

Galerie photo Flickr : http://www.flickr.com/photos/gaelle_kermen/sets/72157625099726596/

© gaelle kermen octobre 2010

CRYSTAL un jeu une sculpture par Olivier Bessas

CRYSTAL

assemblage de structures
matière : Plexiglas
taille du puzzle : 36 cm x 33 cm
création : Olivier Bessas
date : 2010

Reflets et transparences
Jeu sculpture d'Olivier Bessas

Un jeu, des oeuvres d’art

L’énergie induite par la composition du jeu est aussi forte que celle que j’éprouve devant un cristal de quartz, comme une clé ouvrant une porte vers un monde inconnu, infini.

Je me rappelle ce druide qui nous avait appris il y a bien longtemps à aller sous l’allée couverte proche de ma chaumière, il nous faisait chercher un cristal de quartz au pied des grosses pierres, nous le serrions fort dans notre main et assis sous le dolmen, nous faisions le vide.

Alors chacun voyageait dans les hautes sphères de l’espace ou descendait d’abord dans la profondeur de la terre pour y cueillir les diamants cachés de sa mine. Télescopage de la légende celtique des korrigans gardiens des trésors et projection mentale dans un espace interstellaire où les vibrations se répercutent d’une planète à l’autre pour agir sur nos marées personnelles.

Voilà ce que je ressens devant ce jeu d’Olivier Bessas, moi qui ne suis pas joueuse mais esthète. Ce jeu est d’évidence oeuvre d’art unique. Chaque composition devient création. Instant figé dans la cristallisation du quartz, captage de la lumière qui va changer au fil des heures comme au bord de la mer. Je me sens aussi bien devant un jeu « Crystal » que lorsque j’entre dans certaines cathédrales, lieux souvent implantés sur des lieux mégalithiques archaïques.

Je ne m’attendais pas à ce choc esthétique.
A Noël 2009, j’avais rencontré ce jeu dans la chambre de mon petit-fils. Je l’avais admiré en bois. J’avais apprécié la matière si belle, si bien travaillée et polie, et d’instinct je passais ma main sur les pièces, avec sensualité.

Mais en cette rentrée de septembre 2010, je rencontre la version en Plexiglas, matière noble, et je suis sous le choc.

La forme est la même, la dimension l’est sans doute aussi, mais ce qui est enraciné et cerné dans le terreau initial avec le matériau bois, aussi beau soit-il, devient matière initiatique infini avec le Plexiglas cristallisé.

Le premier mot qui m’a échappé : Transcendance.

Si j’avais ce jeu, je le mettrai au mur en puzzle tel qu’il est présenté et je le regarderai comme un tableau d’art contemporain.

Ou alors j’en ferai une sculpture comme celles qu’a érigées Olivier Bessas. Ce ne serait pas les mêmes. J’essaierai d’en faire jaillir la flamme de lumière qui m’évoque la force d’énergie piézo-électrique du quartz, utilisé pragmatiquement pour allumer nos gazinières.

J’en ferai un vaisseau spatial pour libérer les rêves.
Et je méditerai devant sa beauté en élévation spirituelle…
Oui, c’est une rencontre presque sacrée que je viens de faire avec ce jeu.

Chaque jeu est unique, Olivier Bessas le retravaille pièce par pièce, une face est brillante et transparente, l’autre est mate.

Une oeuvre d’art contemporain pour collectionneurs et esthètes.

Olivier Bessas participera au Salon Business Art de l’Espace Cardin, du jeudi 14 au dimanche 17 octobre 2010, 1-3 avenue Gabriel, 75008, PARIS Métro Concorde
Gazette des Arts

4 jours festifs de la Jeune Creation a Toulouse

Imaginez maintenant Toulouse
Mon bilan des 4 jours festifs de la Jeune Création à l’Hôpital La Grave

Imaginez maintenant

Ce que je n’ai pas aimé :

Je n’ai pas du tout accroché aux installations-performances de l’association Point de Fuite, je ne suis pas entrée dedans, refluée par trop de prises de tête intellos dans la vacuité, j’ai juste eu envie de partir en courant… J’avoue avoir du mal à trouver du sens à des chaises qui grincent et foutent les jetons dans le noir (En déshérence, Marion Brusley), du mal à voir un mec nager sur une table en formica des années 50 en slip et bonnet de bain en video (Le nouvel appartement privé de l’ancien aumônier, Rémi Groussin), du mal à voir surgir de l’imaginaire dans un kiosque fermé (Kiosque, Pauline Prat et Marie-Johanna Cornut), comme a dit un des enfants de la visite guidée que je suivais : c’est un kiosque pour taupes… ce qui a enfin du sens !

Pour l’appartement de l’aumônier, vraisemblablement refait ou construit après la guerre, on comprend qu’il n’inspirait guère les artistes, ce bâtiment, le plus récent de l’ensemble de l’hôpital, est celui qui a le plus mal vieilli, il sentait la mort. Les bâtiments anciens semblaient avoir beaucoup mieux digéré et absorbé les énergies de vie, naissance, maladie, soin et mort, au fil des siècles, en gardant stabilité et sérénité induites par la brique rose.

Ce que j’ai aimé :

En arrivant, le tremblement de terre ! gros succès auprès des petits comme des grands : Infravoice de Atsunobu Kohira dans le jardin devant la chapelle.

Ana demande des volontaires pour essayer l'installation de Atsunobu Kohira simulant par la voix un tremblement de terre.

J’ai particulièrement aimé la rencontre avec Jan Vorman, sa simplicité, sa dégaine tranquille en tennis et bermuda, genre grand gamin qui s’amuse toujours avec ses légos et ses inventions :

pigeonnier : dispatchwork de Jan Vormann

Dispatchwork, un peu partout sur le site, en particulier sur un pigeonnier, et Slem3, dans la belle bibliothèque de l’hôpital.

la machine a maintenir en vie les bulles de savon de Jan Vormann

J’ai aimé le ferronnier d’art du quartier Saint-Cyprien Benoit Herouard, gardien de la magie du métal en fusion. Dans l’escoussière des remparts d’origine de la ville, il avait installé quelques belles pièces dont un beau lustre contemporain en inox.

lustre création du ferronnier d'art du quartier Saint-Cyprien Benoit Herouard

J’ai aimé la navette piétonne de Doriane Roche dont le fil rouge nous guidait et que des enfants s’appropriaient en danse de rue.

Video des enfants sur Flickr.

navette pietonne de Doriane Roche

J’ai apprécié la danse des jeunes du Sucre du printemps dans le soir tombant d’été sur la Garonne, balisé par la coupole de Saint-Joseph et la planète Vénus juste au-dessus.

Danse Sucre du printemps port de la Viguerie

Venus au-dessus de la coupole Saint-Joseph

J’ai aimé le quart d’heure a capella de Réverbe par douze jeunes chanteurs dans la chapelle Saint-Joseph, dont l’acoustique donnait des frissons orgastiques, en particulier dans la pièce écrite pour ce lieu par un maitre de chapelle du XVIe siècle.

Aurelien Zoia et Sylvain Morin, Débordement, 2010

J’ai apprécié le challenge des designers de 5.5 qui ont racheté leur production promise à destruction par huissier en raison d’un changement de commercialisation. Pour alerter sur nos gaspillages, ils les vendaient un euro symbolique, on voyait partout leurs sacs dans Toulouse, le dernier jour la queue était longue et leurs remparts de palettes avaient bien diminué 😉

J’ai aimé plus que tout l’installation Débordement des paysagistes Aurélien Zoia et Sylvain Morin qui investissaient la Cour Sainte-Monique et rappelaient par de simples bâtons les vagues qui avaient envahi ce lieu lors d’une inondation, le filet matérialisant la hauteur du débordement de la Garonne. A toute heure du jour ou de la nuit ce lieu respirait la beauté et l’harmonie et redonnait vie à la fontaine centrale du jardin médiéval d’origine.

Le voyage dans les six hectares de l’hôpital de La Grave s’achevait par Paysages en exil de Raphaël Bétillon et Nicolas Dorval-Bory, sur le Quai de l’exil où se rassemblaient les réfugiés espagnols à l’époque franquiste, hommage à une étape récente de la vie de Toulouse. On passait à travers des serres où l’on prenait un petit sac contenant une bouture de plantes (pour moi une bourrache), puis à travers la brume qui se répandait au gré du vent sur la Garonne, en intermittences, enfin on rejoignait la passerelle du Jardin Raymond VI, se retrouvant derrière les ramparts d’origine de la ville.

Un beau voyage dans le temps et l’espace à travers une belle créativité et une belle humeur générale dans un lieu historique qui donne vraiment à Toulouse son nom de Ville rose, surtour au coucher du soleil en solstice d’été…

© gaelle kermen 2010

Lien du site du festival

Atelier Benoît Hérouard – Ferronnerie d’art – Métallerie fine
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T +33 (0)1 81 29 97 06 I M +33 (0) 6 69 50 73 02
Internet : www.atelier-benoit-herouard.fr

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