Comment j’ai découvert Ploemeur à vélo et continué l’entraînement

Ma commune est côtière et sa devise porte les mots de la terre et de la mer. Elle a trois ports et trois plages, de multiples criques sauvages, des huitres réputées, les plates de Belon, des mégalithes et des chapelles. Née ici, je suis partie vivre à Lorient, puis à Paris, dans le Val d’Oise, en Ariège et en Haute-Savoie. Enfin, je suis revenue et je m’y sens bien. Je vis sur le vieux pays de mes pères, ar vro goz ma zadou.
Pourtant, quand ma troisième fille a décidé de s’installer à Plœmeur en Morbihan, j’ai découvert une commune encore plus riche, plus dynamique, plus incroyable. J’ai passé trois semaines cet été 2016 à la découvrir à vélo et ces journées font partie de mes meilleurs moments

Je gardais un petit chat de six mois pendant les vacances des enfants. Du cat-sitting. Je gardais ainsi leur appartement et ils étaient tranquillisés de savoir que s’il y avait le moindre problème, j’interviendrais et les préviendrais. J’ai déjà fait du flat-sitting pour occuper un appartement pendant les vacances d’amies et c’est une bonne formule pour tout le monde. Moi ça me dépayse sans frais, et comme je ne suis pas chez moi, je n’ai pas de travaux d’entretien ou de réparation à faire, je passe tout mon temps à écrire et à me promener. Ce que je ne me permets pas souvent à la maison, où il y a toujours un truc à faire, du genre gros travaux d’Hercule. Ma grande chaumière est aussi plus difficile à entretenir qu’un appartement de trois pièces.

J’avais apporté mon vélo et j’ai découvert Plœmeur par ses pistes cyclables, ses chemins creux et ses sentiers côtiers. J’ai été éblouie.
Autrefois, j’ai un peu connu Plœmeur, quand j’étais petite fille et que nous habitions le port de pêche de Lorient dans les années 50. Nous venions nous baigner au Courégant, à Lomener. Nous nous promenions le dimanche dans les Kaolins. Plus tard, entre 1986 et 2009, je visitais souvent mon amie Nicole Courset à Larmor-plage, et si j’arrivais chez elle par la pénétrante de Lorient, pour rentrer je passais toujours par Plœmeur, je faisais le tour de l’église, venant de Larmor, pour partir vers Quimperlé. J’en connaissais les grands itinéraires, le magasin Point Vert où j’achetais des fournitures de jardin, ou le Parc de Kerihuer où je m’arrêtais parfois pour dégourdir ma petite chienne d’alors. Parfois, je rentrais par la route côtière du Fort-bloqué, pour rejoindre Guidel. Mais je ne connaissais pas bien les contours de Plœmeur, je crois même que je confondais ses limites avec celles de Lorient, Larmor et Guidel.

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Eglise de Ploemeur un soir de septembre 2016

Comme j’avais pris le vélo, je me suis documentée à l’Office de Tourisme pour avoir des cartes. Une de mes passions est la recherche des mégalithes. Découvrir des mégalithes à vélo, c’est idéal. La jeune femme m’a remis de nombreuses fiches sur les chapelles et les mégalithes et m’a recommandé les voies vertes, violettes, bleues, etc.

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Carte des mégalithes de Plœmeur avec les voies vertes

Lors d’un premier séjour, ma fille m’avait emmenée jusqu’à Lomener. J’avais pu le faire. Je pouvais continuer seule, en allant doucement d’abord, puis en augmentant le kilométrage et les efforts. J’avais fait une pneumonie l’hiver dernier, parce qu’opérée d’un œil l’été précédent, je n’avais pas osé prendre de risques, je n’avais pas fait de vélo, je n’étais pas allée nager. C’était une erreur, je n’avais pas accumulé la vitamine D et je m’étais fragilisée. J’étais sortie de cette épreuve pulmonaire hivernale sans souffle et sans muscle. Tout avait fondu. Je n’avais pas pu faire les tâches de bûcheronnage qui me sont habituelles au cours de l’hiver. J’avais perdu deux mois de travail d’écriture. Je ne voulais pas revivre un hiver pareil.

J’avais donc repris le vélo en fin de printemps, dès que je m’étais sentie plus forte, et j’allais nager régulièrement à Merrien à trois kilomètres de chez moi, ce qui me faisait un aller et retour de six kilomètres. Juste un petit entraînement. Mais déjà je reconstruisais ma musculature, retrouvais un peu de souffle et surtout reprenais confiance en moi.
Les enfants habitent au centre de Plœmeur, tout près de l’église. Si je voulais aller me baigner, je devais faire au moins huit kilomètres, Lomener, la plage la plus proche, dans l’anse du Stole, est à environ quatre kilomètres. Je l’avais fait une fois, je pouvais le refaire.

Mi-août, j’avais reçu mon nouvel iPad et un iPhone et j’avais l’intention de rédiger un guide d’utilisation pour les auteurs francophones de l’application Scrivener pour iOS. J’avais testé l’application nomade à Merrien, au cours de mes balades pour me baigner. C’était une bonne façon de me libérer l’esprit que de pouvoir écrire au bord de la mer, comme autrefois je notais mes idées dans mon journal, assise sur le sable ou dans les rochers. Circuler, bouger, permet de faire décanter les idées. J’ai souvent trouvé des solutions informatiques loin de mon clavier et de mon écran de bureau. Et ça depuis un quart de siècle. Je visualisais mieux les problèmes quand je n’avais pas le nez sur l’écran. Décantation productive. Recul et réflexion. Solutions et actions.

 

Bureau d’été 2016 : iPad mini 4 dans sac à dos

J’ai installé une application sur l’iPhone, Cyclemeter. J’ai pu voir très vite que je faisais plus de kilomètres que je ne me croyais capable de faire. Jamais de ma vie, je n’avais fait autant sans efforts majeurs. Il m’arrivait d’en faire plus de dix-huit, quand je ne trouvais pas le mégalithe cherché, parce que ma carte n’était pas juste, parce que le panneau n’était pas visible. Je continuais au gré de mes errances. Mais la carte du GPS de Cyclometer m’indiquait au moins où j’étais.

Dès le premier jour, m’étant un peu perdue, devant traverser une grande route (car ça circule beaucoup à Plœmeur), j’avais demandé mon chemin à un promeneur avec son chien. Il m’avait rassurée, me disant : « A Plœmeur, vous pouvez toujours trouver un chemin vers la mer. »

Je cherchais donc les chemins vers la mer. Je voulais nager le plus souvent possible. Pendant le mois de septembre, il faisait un temps extraordinaire, avec une petite brise agréable et une température idéale pour pédaler et aller nager.

Mon emploi du temps d’écriture active était réglé ainsi.

Le matin, très tôt, le petit chat posait sa patte de velours sur ma joue, comme pour me dire : « Il est temps de te lever, tu dois travailler. »

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Yoga du matin du petit chat Yuzu

Il avait raison, c’est le matin que je travaille mieux. Je prenais l’iPad, le clavier et je travaillais mes chapitres. La rédaction s’est faite assez vite.

Parfois, j’allais à la boulangerie dès l’ouverture, en bas sur la Place de l’Eglise, ce que je ne peux pas faire chez moi en pleine campagne, sauf quand je fais lever mon pâton ou ma brioche pendant la nuit et que je me lève pour faire chauffer mon four avec la plaque réfractaire pour avoir du pain frais et de la brioche chaude au petit déjeuner. Bon, c’est assez exceptionnel quand même. Là, je croisais des gens qui partaient au travail avant le le lever du jour. Chez moi, je ne croise que des chevreuils ou les chiens des voisins.

J’écrivais encore pendant la matinée, pas très longtemps, jamais plus de quatre heures. Ensuite, j’avais besoin de bouger.

Je prenais beaucoup de plaisir à faire mes courses dans le quartier, ne me contentant pas des grandes surfaces habituelles où je fais mes courses toutes les six semaines, pour ne pas avoir à sortir de chez moi.

Le dimanche, j’avais le marché autour de l’église, où je m’offrais quelques extras. J’ai réalisé quelques bons petits plats, dont j’ai congelé une partie pour le retour des enfants.

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Plage du Courégant, marée haute. En face, l’île de Groix

Je préparais mon picnic et partais en fin de matinée à la découverte de Plœmeur, de ses mégalithes et de ses plages. Après mon bain quotidien, je mangeais mon picnic sur la plage. Je rentrais ensuite tranquillement, par une autre route.

Très vite, j’ai réussi à faire une moyenne de 15 kilomètres par jour. Parfois 18 ou 19. J’étais encouragée en voyant mes performances, non pas de vitesse, mais d’endurance. Je ne suis pas une sprinteuse, mais je peux être une marathonienne.

Je suis revenue enchantée de mon séjour en Morbihan. Je n’ai pas besoin d’aller au bout du monde pour sentir battre mon cœur. Chaque rocher ici est un bout du monde exotique, tourné vers l’ailleurs et formidablement intérieur.

Je dirai dans un autre article tout ce que j’ai découvert à Plœmeur. Dans celui-ci, je veux insister sur le vélo et sur ce que sa pratique un peu plus fréquente que les années dernières m’apporte de bien-être et de réconfort.

En rentrant à Moëlan, j’ai décidé de continuer le vélo. Si j’ai pu aussi bien découvrir Plœmeur grâce à ce simple mode de locomotion, je dois pouvoir découvrir ma commune à vélo, aller dans des villages où jamais une voiture ne m’avait conduite, découvrir d’autres chemins creux. Je veux être en forme cet hiver, retrouver assez de forces physiques pour faire les travaux au jardin et le bûcheronnage du parc.

J’ai mis une autre application sur l’iPhone : Strava.

Un de mes amis Facebook, Jeffrey Levin, designer de bijoux en Californie, avait mis un jour une photo de sa baie avec son parcours à vélo vers le Golden Gate Bridge. Whaouh ! Je m’étais dit que moi-aussi j’avais une baie non loin de chez moi, pas aussi prestigieuse, certes, mais bien réelle, vivante et stimulante. Il m’a fait l’honneur de m’accepter sur Strava et depuis je mets moi aussi mes sorties à vélo, matinale ou du midi.

Ma baie à moi, elle donne d’un côté vers l’île de Groix, de l’autre vers les Glenan. Et l’horizon est immense.

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Vélo Raleigh sur sentier côtier

 

Un autre ami anglais publie ses entrainements de course à pied. Alain Miles avait publié son premier ebook sur l’iPad en même temps que moi via Smashwords dès avril 2010. Il a résolu de graves problèmes physiques en courant, il est un des meilleurs seniors du demi-marathon au Royaume-Uni. Son exemple me donne du courage pour sortir régulièrement à vélo. Un ami français parisien, Stéphane Mérand, y publie ses courses dans Paris et sa banlieue et ça me fait complètement rêver. Je n’ai pas la prétention de faire autant de kilomètres qu’eux, mais j’ai la tentation d’aller un peu plus loin dans mes propres efforts, en gardant des sorties régulières. Voir que mes plus petites courses font neuf à dix kilomètres, quand je pensais n’être pas capable de faire plus de six kilomètres me conforte dans ma démarche et me donne du courage pour continuer.

En ce dimanche 13 novembre, terrible date anniversaire, mon ami parisien a partagé une belle expérience. Un de ses amis a partagé sur Facebook une course Strava de 56 km pour tracer dans Paris le symbole de la paix.


Un bel hommage aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015.

#peaceforparis


Voilà comment j’ai découvert Plœmeur à vélo et comment ça a changé ma vie. C’est une activité gratuite qui fait du bien au corps et à l’âme. Le guide Scrivener plus simple pour iPhone et iPad est le fruit de ces pérégrinations cyclistes marines.

Et vous, vous lancez-vous ce genre de défi ? Est-ce que ça vous aide dans votre créativité ? Avez-vous des secrets de forme à partager ? Je suis néophyte, j’ai tout à apprendre. Continuer à apprendre permet de bien vieillir et j’ai à cœur de bien vieillir.

À bientôt pour d’autres aventures.

Gaelle

Kerantorec, le 13 novembre 2016



Crédits

Le petit chat : Yuzu

Les applications de course : Strava et Cyclometer

Les cyclistes : Jeffrey Levin, Stéphane Mérand, Dmitry Kostiukov

Le coureur à pied anglais : Alan Miles

Le vélo : Raleigh (années 90)

Les mobiles : iPhone 5c et iPad mini 4 (Apple)

L’application d’écriture : Scrivener for iOS

Les communes : Moëlan-sur-mer (Finistère) et Plœmeur (Morbihan)

Moëlan-sur-Mer, devise en breton : deus an douar ha deus ar mor (de la terre et de la mer)

Blog auteur gaellekermen.net

Blog Kerantorec : bricolage-jardinage

© Tous droits réservés 2016 Gaelle Kermen et ACD Carpe Diem

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Chevaux pour la police municipale de Toulouse

Cavalière de la police municipale de Toulouse
Cavalière de la police montée municipale de Toulouse

Ce matin, 20 décembre 2011, 11 heures du matin, au Grand Rond, j’ai assisté avec mon petit-fils à la présentation de la nouvelle brigade municipale à cheval. Deux beaux chevaux espagnols étaient présents, pour deux cavaliers et une cavalière. En tout la brigade aura cinq chevaux et huit cavaliers.

Ma vidéo est sur YouTube :

Depuis près de quinze mois que je lis sur mon cher Kindle essentiellement les grands textes de la littérature mondiale, je vis dans un monde où les chevaux sont un mode de déplacement permanent, que je lise les romans d’Alexandre Dumas ou maintenant ceux de sir Walter Scott, le cheval était omniprésent jusqu’à la guerre de 14, ou presque. Quand je sors de chez moi, où parfois pâturent des équidés, il est bien rare que j’en rencontre.

Aussi quand j’ai vu passer lundi soir le Twitt de Franck Menigou de la mairie de Toulouse :

franckmen Franck Ménigou  Si vous aimez les chevaux ne ratez pas la présentation de la brigade équestre de #toulouse Mardi 20 décembre11h00 au jardin du Grand Rond

j’ai décidé d’emmener mon petit-fils à la présentation de la première brigade équestre de la ville.

Approcher le cheval l’a impressionné et lui a donné tout de suite le sens du respect. On ne fait pas n’importe quoi en présence d’un grand animal et nous devons réapprendre les bons comportements.

Enfant et cheval de la brigade équestre
Noé près du cheval de la brigade, impression et respect

La brigade équestre voit bien plus loin que la policière en gyropode, piétonne à roulettes électriques qui peut se faufiler sur les trottoirs à 10 km/h et même entrer dans les supermarchés, la vue du haut d’un cheval englobe un vaste horizon. Le cheval peut passer dans des endroits où un véhicule à moteur n’irait pas.

Les articles du jour écrivent que le crottin sera récupéré par les cavaliers de la brigade, pour montrer l’exemple aux propriétaires canins, mais la gyropodiste m’a dit qu’un filet serait accroché sous la queue, que les chevaux seraient détendus avant de partir en tournée et que, comme les chiens (elle est une ancienne maître-chien), les chevaux se retiennent pendant le travail.

Des études sociologiques montrent que la proximité des arbres diminue la délinquance. Je veux croire que celle des chevaux soit aussi efficace.

Une nouvelle image de la surveillance et de la sécurité vient d’être donnée par la ville de Toulouse et j’aime ça, moi qui ne cesse de m’extasier sur la beauté de la ville. J’ai été séduite par l’harmonie de l’alliance cavalier-monture, avec l’image mythologique du Centaure dans la tête. A Toulouse coexiste toujours l’enracinement dans le terreau du passé avec la vision de l’avenir.
Noël 2011
Gaelle Kermen
En savoir plus sur les détails techniques, voir LibéToulouse
© gaelle Kermen 2011

Trois panneaux de trop

A propos de la Presqu’île de Quiberon

En général, quand on va à Quiberon, on n’en revient pas en colère. J’avais entendu tant de bien sur Quiberon que j’en attendais plus. Le matin même à l’hôtel j’avais lu dans Ouest-France un article sur la baronne Nadine de Rothschild. Une de mes riches amies venait régulièrement y faire des cures de Thalasso. D’autres amis traversaient la presqu’île pour prendre le bâteau jusqu’à leur maison de Belle-île. J’étais moi-même venue en septembre 1983 à Port-Maria pour aller jusqu’à l’ile d’Houat et en revenir. J’étais tellement épuisée à l’époque par mon travail saisonnier que je n’ai gardé aucun souvenir de la traversée de la presqu’île. Je l’ai donc revue avec des yeux neufs. Mais critiques. Non formatés. Sincères. Comme il se doit quand on prétend, comme je le fais depuis mes 16 ans, prendre des notes sur la réalité et en porter témoignage. En dehors des circuits éditoriaux assujettis.

Franchement, il y a trop de maisons à mon goût dans ce bord de mer de Morbihan. Beaucoup plus qu’en Finistère. Ça m’a plus évoqué la banlieue parisienne qu’un village de bord de mer, mis à part certains vieux quartiers autour de Portivy ou de Port-Haliguen qui ont gardé un certain cachet architectural, construits dans des lieux abrités de l’île.

Comme le but de ce voyage de Noël 2009 et Nouvel an 2010 était le bout du monde, nous avons cherché le bout du monde du Morbihan. Nous sommes donc allées jusqu’à la Pointe du Conguel. Par un vent fou et un soleil absolu, dans une lumière extraordinaire.

Déjà en descendant de l’auto sur le parc, une rangée impressionnante de panneaux d’interdiction. Pas eu le temps de les lire ni de les photographier car je conseillais au téléphone mobile ma fille Ana qui, à Toulouse, prenait en main son nouvel iMac. J’ai marché sur le sentier vers la Pointe dont la dune est entièrement cernée de palissades de bois.

Premier panneau
Là premier panneau : « Cet espace est fragile, respectez-le, ne marchez pas en dehors des sentiers, bla bla bla bla bla bla ». Ce panneau est un gros pieu enfoncé dans la dune et déjà me parait plus prédateur que tous ces marcheurs que j’ai croisés avec leurs chiens, heureux de partager un beau moment d’hiver en pleine nature. Il y avait un tel vent que je n’ai pas continué sur le sentier qui conduisait à la table d’orientation de la Pointe mais je suis descendue sur la plage côté ouest. La chienne Uline m’y a suivie allègrement.

Deuxième panneau
Là j’ai vu le deuxième panneau, toujours un gros pieu enfoncé dans la dune : « Ne touchez pas aux galetx, laissez-les où la mer les a déposés, sinon vous abîmez la dune, bla bla bla bla bla bla. » Ça a commencé à bien m’énerver. Trois jours avant j’avais fait une expérience, à Merrien lors de la première pêche de l’année. J’avais posé dans un creux de rocher un gros morceau de quartz, utilisé an masse sur mon couteau à huîtres, espérant le retrouver le lendemain. Evidemment je ne l’ai pas retrouvé, la grande marée de la nuit l’avait emporté ailleurs. Alors franchement je ne suis pas sûre que jouer avec quelques galets sur la plage, ou même prendre une tonne de galets si on le pouvait soit préjudiciable à la dune, si on accepte son principe de métamorphose naturelle.

Quiberon : une vieille femme liftée
Bien sûr si on veut qu’elle reste en l’état, peut-être. Mais c’est là que Quiberon m’a évoqué une femme qui dans les années 70 vantait les liftings de visage qui lui permettait de gagner quelques années, je l’ai revue il y a un an, quand elle m’a souri, j’ai eu peur que son visage craque.

Je pense qu’il est absurde de vouloir asservir une nature sauvage qui se transforme (Quiberon a d’abord été une île et peut le redevenir) en la conservant selon la volonté humaine. Cette artificialisation de la côte est plus préjudiciable que si tous les festivals Hellfest du monde, que le Parc Lemot de Clisson accueille chaque été dans un parc bien plus sophistiqué que la Pointe du Conguel, y stationnaient en permanence.

Troisième panneau
Ensuite nous avons continué par la côte sauvage de Quiberon. Là troisième panneau : « Partageons la route. » Avec qui ? Avec les goélands à babord ? Les militaires à tribord ? Militaires qui ont dû faire plus de dégâts sur la presqu’île toute entière que n’en feront jamais les marcheurs même avec leur chiens, même en moto trial. Ou alors avec les éléphants roses qui s’échappent de la tête des gens dans leurs bureaux qui conçoivent de tels panneaux ? Nous avons d’ailleurs failli avoir un accident parce que le panneau nous a tellement interloquées que nous n’avons pas vu l’embranchement vers la côte sauvage, où un peu plus loin nous avons revu le même panneau bleu qui, par son rappel, empêchait la pilote de bien se concentrer sur la route plus étroite, sans bas-côté, sans ligne blanche au milieu, etc. Partageons la route ! Mais de qui se moque-t-on ? Qu’est-ce qu’on fait quand on roule sur une route sinon la partager ? ON nous prend pour des cons ! C’était le panneau de trop.

J’ai eu mal à la terre
Toute la côte sauvage était balisée de pieux enfoncés et j’ai eu mal à la terre, j’ai eu mal de penser que cette côte a subi les assauts de machines énormes, aux vibrations terribles, qu’elle a été ouverte artificiellement et qu’elle a été blessée, réellement blessée, je l’ai ressenti au plus profond de mon âme.

Si cette côte est si belle, c’est parce que la mer, le vent, les vagues, les galets ont fait leur travail de sape et l’ont dessinée et redessinée. Laissons la mer faire son travail. Les éléments faire le leur. Et contentons-nous d’admirer et de respecter, ce qui n’est pas le cas avec les mesures que j’ai constatées lors de ce voyage au bout du monde.

Qu’on arrête avec ces admonestations continuelles, ces culpabilisations permanentes, ces dévalorisations de nos êtres. Arrêtons de tout interdire. Car ça risque de faire l’effet contraire.

J’avais envie de transgresser devant ces panneaux stupides. De devenir délinquante ! Moi qui ai éduqué mes enfants au respect de la nature, « jamais on ne laisse de trace derrière soi », je me sentais devenir délinquante. A méditer !

© gaelle kermen 2010

Voyage d'hiver

Le voyage d’hiver est très agréable. Nous l’avions expérimenté l’an dernier en remontant de Marseille et Arles après la visite de l’exposition van Gogh-Monticelli à la Vieille Charité du Quartier du Panier à Marseille. Remontant par Moissac et Fontevraud, dans la neige…

Ce Noël 2009 au bout du monde nous a révélé des paysages transparents, mettant en valeur la moindre chapelle au bord de la route, dissimulée par les ombrages des feuilles en été. Nous avons vu de très loin certains lieux que nous n’aurions vu qu’en arrivant comme la chapelle Notre-Dame de Bon Voyage avant la pointe du Raz ou les tours des ruines du Manoir de Saint-Pol Roux à Camaret.
Nous avons pu admirer, et j’ai pu photographier, sans gêne aucune les calvaires dans les enclos paroissiaux ou les statues et tableaux dans les églises ou chapelles.
Nulle part nous n’avons attendu pour entrer quelque part, ni au Musée de Quimper ni au Musée de Vannes, même s’il y avait dans les deux un bon flux de visite.
Les routes étaient dégagées, sans les bouchons estivaux.
Et la lumière était sublime, la mer changeait encore plus souvent qu’en été et les paysages se sont déroulés au fil de la route avec un émerveillement constant.

© gaelle kermen 2010

6 janvier 2009 Hôtel Campanile de Chatellerault (Indre et Loire)

Hôtel Campanile de Chatellerault (Indre et Loire)

J’étais trop fatiguée hier soir pour raconter tous les événements essentiels arrivés en fin de journée. Mais ce matin, j’ai bien dormi dans une chambre seule, bien installée bien reposée, j’essaie de faire le point.

J’ai allumé la télé pour apprendre un peu ce qui se passe dans le monde, j’ai été coupée des informations depuis mon départ, les quelques matinées à Villemagne où je pouvais écouter France-Inter ne me laissaient guère de tranquillité car je m’occupais de Noé, ce qui est toujours à un moment ou un autre du genre rock’ roll… La Palestine se fait pilonner par Israël et la France allume trop l’électricité en raison du froid. Je suis une bonne citoyenne responsable puisque j’ai coupé le radiateur toute la nuit dans cette chambre !

Hier nous avons été prises par la neige sur deux kilomètres entre Bonneuil-Matours et Ribes à la hauteur de Ribes, les voitures de notre file ne circulaient plus. Nous avons fini par savoir qu’un poids-lourd bloquait la route de notre côté. Jose-Anne a été extraordinaire. Elle ne cessait d’invoquer Saint-Christophe et je dois reconnaître que ça a marché. A un moment la neige s’est arrêté, la pluie a tombé et la neige se mettait à fondre. Dessous c’était gelé mais la surface perdait sa brillance précédente et devenait molle. Ça a permis d’avancer. Elle n’a eu une difficulté que lors d’une montée où elle glissait et ne maîtrisait plus la direction. Elle est restée très calme. Et deux messieurs sont venus pousser l’Audi de chaque côté, en lui donnant les indications.

J’avais retrouvé d’instinct les obligations de conduite sur neige. Un jour à Kerantorec, nous avions été prises dans une trace de boue en quittant mon parking. J’avais dit : « il faut aller doucement sans accélération comme sur la neige ». José-Anne, souvent contrariante, m’avait répondu : « Non il faut aller très vite ! ». J’avais laissé dire car après tout elle conduit plus que moi et surtout a conduit bien plus que moi, notamment des poids lourds dont elle a eu le permis très tôt pour gérer les camions de la laiterie familiale à Kerjouanno. Mais hier, je me suis souvenue de ce qu’il fallait faire quand j’ai vu la neige tenir en quelques minutes juste après Lussac-les-Chateaux, et particulièrement après Bonneuil-Matours. En première, sans frein, juste le frein moteur, sans accélération, le plus doucement possible en laissant la distance de sécurité. Par chance, elle m’a écoutée, et, un peu plus tard, quand des gens ont commencé à circuler à pied sur la route pour voir l’état de la circulation, un monsieur lui a donné les mêmes conseils, qu’elle a parfaitement appliqués. Un moment elle a essayé de passer en seconde, pour éviter de faire chauffer le moteur et elle a vu la différence !

J’étais si concentrée sur le passage de la route que j’ai omis de prendre la moindre photo. Je me mettais déjà en position de survie et n’ai pas pensé à ce détail. Installée dans la chambre hier soir, ayant connecté le MacBook à la wifi, j’ai reçu un email d’Edwina montrant Paris enneigé vu de sa fenêtre (Saint-Eustache !) et je n’avais que le parking du Campanile vue de ma coursive à lui renvoyer !.

Je vais me lever, le petit déjeuner n’est servi que jusqu’à 9 heures et je dois réveiller Jose-Anne à deux chambres de la mienne.

© gaelle kermen 2009

4 janvier 2009 Moissac, Tarn et Garonne

Me voici enfin connectée en attendant le repas du soir en bas de l’hôtel du Chapon fin où nous faisons notre première halte sur le chemin du retour.

Nous avons laissé Ana au train l’autre soir du 2 à Castelnaudary et avons passé deux nuits à Villemagne chez Mélanie et David avant de reprendre la route ce matin. Passées à Toulouse rapporter des affaires à Ana, nous sommes remontées vers le nord pour voir l’abbatiale de Moissac. Arrivées juste avant la fermeture, nous avons pris un hôtel sur la grande place de la ville pour aller faire la visite demain matin à 10 heures.

Durant la première partie de notre voyage depuis une semaine c’était moi ou Ana qui payions car José-Anne avait renvoyé son carnet de chèques avec ses timbres et affaires en colissimo chez elle avant de quitter Amélie-les-bains. Elle a une carte bancaire qui ne lui permet que les retraits et elle n’avait pas reçu le virement lui permettant de retirer normalement son argent en espèces. J’ai donc dû tout payer au cours de nos pérégrinations ou bien Ana. Ce qui est vraiment le monde à l’envers, Jose-Anne n’ayant pas du tout l’habitude qu’on paie pour elle. Ça a été une excellente expérience.

Hier José-Anne a accompagné Mélanie à Revel au marché et elle a enfin reçu son virement et désormais je suis son invitée en remerciement de l’accueil extraordinaire que lui ont fait mes amis de Marseille et Arles.

Difficile d’écrire en voyage, je ne suis jamais assez longtemps concentrée pour pouvoir noter des choses aussi profondes que celles que je vis… j’espère mémoriser assez d’informations pour retranscrire l’essentiel.

© gaelle kermen 2009

En train

En train vers Bordeaux et Toulouse

  • 15 déc 2008 at 8:45 AM

Lorsque je prends le train, je sors d’une longue période de récupération de mes forces après trois opérations des pieds et des jambes. Je n’avais plus l’habitude de voyager. C’est ma fille Ana qui m’offre le voyage et m’invite chez elle à Toulouse. J’ai pris le billet suffisamment à l’avance pour bénéficier d’un tarif intéressant.

Me voici donc dans le train de Bordeaux pour presque six heures. Je suis bien installée en 1ère classe, dans le côté solo, mon MacBook déployé sur la tablette, mes pieds confortablement installés dans des chaussons de botte sur le pliant de pêche que j’ai apporté dans mon bagage. Et j’ai déjà activé ma nouvelle version de Bento 2 que j’ai achetée ce matin.

Mais Guenal m’avait donné un horaire très tôt, 6h45, croyant qu’il devait m’emmener à Lorient. Il n’avait pas ouvert le mail où je lui donnais les indications de train entre Quimperlé et Lorient. Donc nous n’étions pas en retard et nous avons eu le temps de tout déposer, carte chez mon voisin Alain, livre chez ma soeur Ann’Yvonne, clés chez l’associé de Guenal, lettre à la CPAM, mais comme il conduisait très lentement, nous sommes arrivées 4 minutes avant le départ du train. Juste le temps de composter pendant qu’il descendait la valise et le temps de s’embrasser avec des voeux de bonne fête.

J’ai failli descendre à Gestel, une commune entre Quimperlé et Lorient, genre la fille qui n’a pas l’habitude de prendre le train. Ce qui m’a prouvé que je pouvais parfaitement manipuler seule la grosse valise d’Ana que je laisserai là-bas et qui servira à Mélanie pour transporter la collection de Coralie. Je redoutais particulièrement son poids. Mais avec les roulettes, pas de problèmes. Et heureusement les travaux m’ont entraînée à soulever des charges importantes comme le sac de 50 kilos de cosses de sarrasin l’autre jour pour la plate-bande des rosiers. A Lorient, j’avais peur encore d’avoir des escaliers à monter et descendre mais le train allait jusqu’à Vannes ensuite et partait du même quai que celui que j’allais prendre une demi-heure plus tard. Bref mes deux principales sources d’inquiétudes étaient évacuées, la première l’avait été au réveil quand j’ai vu qu’il ne gèlerait pas comme nous le craignions hier soir à voir le beau ciel dégagé avec Vénus et Jupiter.

Me voilà donc en route vers Toulouse la ville rose où j’ai eu mon illumination de Saint-Sernin comme Jean-Pierre Vernant ou Claude Nougaro !

J’ai bien géré ce voyage et je suis fière d’être aussi bien organisée. J’y vois une preuve de l’efficacité de mon système de gestion du temps. Car je ne m’organisais pas aussi bien du temps où nous devions traverser la France en famille, aller d’une région à l’autre pour l’hiver ou l’été et je trouvais ça terriblement contraignant et fatiguant. Là j’ai le sentiment que tout se déroule bien, une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Tout est en ordre, rangé et quand je reviendrai il suffira de rallumer le compteur, mettre le frigo en prise et tout sera opérationnel.

J’ai monté quelques outils et vaisselles pour m’installer là haut dans la cuisine studio au retour pendant les mois les plus froids. Et j’ai eu le temps de passer la serpillière. Pas l’aspirateur, j’ai pensé que j’en avais assez fait comme ça !

J’ai fait tout ce qui était prévu sur mon programme et je peux maintenant me relaxer un peu !
Je vais me reposer…

3:12PM

Me voici dans le train de Bordeaux à Toulouse, que j’ai failli rater ! nous avons mal lu la voie du quai à la descente du train de Quimper à Bordeaux et nous sommes allées voie 8, ce qui impliquait des escaliers. Je dis nous parce que j’étais avec deux dames d’un certain âge avec valises à roulettes comme moi… en fait je discutais avec une dame, l’autre étant partie, nous étions seules sur le quai, ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Je voyais la pendule en face, 14h51 et toujours pas de train. Ça ne m’a pas semblé normal tout à coup et je suis allée revoir le panneau, la voie avait été changée en 6 alors qu’à la descente c’était bien la 8. Vite nous avons pris nos bagages et avons redescendu et remonté les escaliers… les voitures de 1ère étaient juste en face, heureusement pour moi et ma place juste à l’entrée, mais la dame était à 5 voitures de la mienne. La prochaine fois je saurai qu’il y a juste le quai à traverser. J’aurais pu prendre un café libre-service qu’il n’y avait pas sur notre quai car le cappucino à 3 euros pris dans le premier train me parait bien extravagant !

Je discutais bien avec la dame, elle était allée à Chateaulin chez ses petits-enfants pour voir son petit-fils partir sur la Jeanne à Brest le 9 décembre pour son avant-dernière mission.

Me voici donc à ma place après avoir eu une bonne suée, la valise se faisant de plus en plus lourde à chaque marche. Je peux dire que nous avons eu chaud ! après avoir eu froid, ce qui étonnait la dame qui me disait que les autres fois elle n’avait eu que le quai à traverser pour être dans le train à la correspondance à Bordeaux.

La prochaine fois je saurai.

Coralie et Jean-Yves viennent me chercher à Toulouse sur le quai.

© gaelle kermen 2009