Test des blogs de voyage ou blogging

Test des supports de bloguage (blogging)

Recherchant toujours la rapidité et l’efficacité d’expression, les blogs de voyage ont été l’occasion de tester de nombreux supports qui m’étaient proposés dans mon navigateur Flock, le tableau de bord qui me permet de gérer tous mes réseaux sociaux, de Twitter à Facebook, en passant par GMail, Yahoo, Flickr pour mes photos ou YouTube pour mes vidéos.

J’en ai supprimé beaucoup, certains blogs avaient vraiment trop de pub et je suis allergique à la pub et à tout ce qui conditionne une consommation non sollicitée.

J’ai gardé TopDepart et WordPress.

J’avais trouvé le site de voyage TopDepart par une recherche sur internet. J’ai eu une grande angoisse il y a quelques temps, car je ne pouvais plus accéder à mon blog. Alors j’ai décidé de tout doubler en site miroir… Redondant peut-être, mais j’ai ainsi la garantie de retrouver mes petits !

TopDepart est bien conçu car les rubriques sont construites pour les voyages. Le journal du voyage peut être exporté dans l’ordre au format PDF, ce qui est plus facile pour la lecture chronologique. Je le garde donc pour ça. Il prévoit aussi une rubrique Budget, pratique pour le calcul des coûts de journée.
Il a un peu de pub, mais elle est discrète, sur le côté. Son principal défaut est dans la gestion des photos, mais c’est peut-être parce que je travaille sur Mac.

Je mets donc désormais toutes mes photos sur Flickr pro, où ma galerie sera complétée régulièrement. Il m’est très facile ainsi d’illustrer mes billets.

Le navigateur Flock me permet de faire des billets rapides sur tous mes blogs, ça c’est vraiment pratique.

Voilà, un petit état de la question technologique et pratique…

Rappel des liens

Flickr pro
TopDepart
WordPress

© gaelle kermen 2010

Trois panneaux de trop

A propos de la Presqu’île de Quiberon

En général, quand on va à Quiberon, on n’en revient pas en colère. J’avais entendu tant de bien sur Quiberon que j’en attendais plus. Le matin même à l’hôtel j’avais lu dans Ouest-France un article sur la baronne Nadine de Rothschild. Une de mes riches amies venait régulièrement y faire des cures de Thalasso. D’autres amis traversaient la presqu’île pour prendre le bâteau jusqu’à leur maison de Belle-île. J’étais moi-même venue en septembre 1983 à Port-Maria pour aller jusqu’à l’ile d’Houat et en revenir. J’étais tellement épuisée à l’époque par mon travail saisonnier que je n’ai gardé aucun souvenir de la traversée de la presqu’île. Je l’ai donc revue avec des yeux neufs. Mais critiques. Non formatés. Sincères. Comme il se doit quand on prétend, comme je le fais depuis mes 16 ans, prendre des notes sur la réalité et en porter témoignage. En dehors des circuits éditoriaux assujettis.

Franchement, il y a trop de maisons à mon goût dans ce bord de mer de Morbihan. Beaucoup plus qu’en Finistère. Ça m’a plus évoqué la banlieue parisienne qu’un village de bord de mer, mis à part certains vieux quartiers autour de Portivy ou de Port-Haliguen qui ont gardé un certain cachet architectural, construits dans des lieux abrités de l’île.

Comme le but de ce voyage de Noël 2009 et Nouvel an 2010 était le bout du monde, nous avons cherché le bout du monde du Morbihan. Nous sommes donc allées jusqu’à la Pointe du Conguel. Par un vent fou et un soleil absolu, dans une lumière extraordinaire.

Déjà en descendant de l’auto sur le parc, une rangée impressionnante de panneaux d’interdiction. Pas eu le temps de les lire ni de les photographier car je conseillais au téléphone mobile ma fille Ana qui, à Toulouse, prenait en main son nouvel iMac. J’ai marché sur le sentier vers la Pointe dont la dune est entièrement cernée de palissades de bois.

Premier panneau
Là premier panneau : « Cet espace est fragile, respectez-le, ne marchez pas en dehors des sentiers, bla bla bla bla bla bla ». Ce panneau est un gros pieu enfoncé dans la dune et déjà me parait plus prédateur que tous ces marcheurs que j’ai croisés avec leurs chiens, heureux de partager un beau moment d’hiver en pleine nature. Il y avait un tel vent que je n’ai pas continué sur le sentier qui conduisait à la table d’orientation de la Pointe mais je suis descendue sur la plage côté ouest. La chienne Uline m’y a suivie allègrement.

Deuxième panneau
Là j’ai vu le deuxième panneau, toujours un gros pieu enfoncé dans la dune : « Ne touchez pas aux galetx, laissez-les où la mer les a déposés, sinon vous abîmez la dune, bla bla bla bla bla bla. » Ça a commencé à bien m’énerver. Trois jours avant j’avais fait une expérience, à Merrien lors de la première pêche de l’année. J’avais posé dans un creux de rocher un gros morceau de quartz, utilisé an masse sur mon couteau à huîtres, espérant le retrouver le lendemain. Evidemment je ne l’ai pas retrouvé, la grande marée de la nuit l’avait emporté ailleurs. Alors franchement je ne suis pas sûre que jouer avec quelques galets sur la plage, ou même prendre une tonne de galets si on le pouvait soit préjudiciable à la dune, si on accepte son principe de métamorphose naturelle.

Quiberon : une vieille femme liftée
Bien sûr si on veut qu’elle reste en l’état, peut-être. Mais c’est là que Quiberon m’a évoqué une femme qui dans les années 70 vantait les liftings de visage qui lui permettait de gagner quelques années, je l’ai revue il y a un an, quand elle m’a souri, j’ai eu peur que son visage craque.

Je pense qu’il est absurde de vouloir asservir une nature sauvage qui se transforme (Quiberon a d’abord été une île et peut le redevenir) en la conservant selon la volonté humaine. Cette artificialisation de la côte est plus préjudiciable que si tous les festivals Hellfest du monde, que le Parc Lemot de Clisson accueille chaque été dans un parc bien plus sophistiqué que la Pointe du Conguel, y stationnaient en permanence.

Troisième panneau
Ensuite nous avons continué par la côte sauvage de Quiberon. Là troisième panneau : « Partageons la route. » Avec qui ? Avec les goélands à babord ? Les militaires à tribord ? Militaires qui ont dû faire plus de dégâts sur la presqu’île toute entière que n’en feront jamais les marcheurs même avec leur chiens, même en moto trial. Ou alors avec les éléphants roses qui s’échappent de la tête des gens dans leurs bureaux qui conçoivent de tels panneaux ? Nous avons d’ailleurs failli avoir un accident parce que le panneau nous a tellement interloquées que nous n’avons pas vu l’embranchement vers la côte sauvage, où un peu plus loin nous avons revu le même panneau bleu qui, par son rappel, empêchait la pilote de bien se concentrer sur la route plus étroite, sans bas-côté, sans ligne blanche au milieu, etc. Partageons la route ! Mais de qui se moque-t-on ? Qu’est-ce qu’on fait quand on roule sur une route sinon la partager ? ON nous prend pour des cons ! C’était le panneau de trop.

J’ai eu mal à la terre
Toute la côte sauvage était balisée de pieux enfoncés et j’ai eu mal à la terre, j’ai eu mal de penser que cette côte a subi les assauts de machines énormes, aux vibrations terribles, qu’elle a été ouverte artificiellement et qu’elle a été blessée, réellement blessée, je l’ai ressenti au plus profond de mon âme.

Si cette côte est si belle, c’est parce que la mer, le vent, les vagues, les galets ont fait leur travail de sape et l’ont dessinée et redessinée. Laissons la mer faire son travail. Les éléments faire le leur. Et contentons-nous d’admirer et de respecter, ce qui n’est pas le cas avec les mesures que j’ai constatées lors de ce voyage au bout du monde.

Qu’on arrête avec ces admonestations continuelles, ces culpabilisations permanentes, ces dévalorisations de nos êtres. Arrêtons de tout interdire. Car ça risque de faire l’effet contraire.

J’avais envie de transgresser devant ces panneaux stupides. De devenir délinquante ! Moi qui ai éduqué mes enfants au respect de la nature, « jamais on ne laisse de trace derrière soi », je me sentais devenir délinquante. A méditer !

© gaelle kermen 2010

Retours

Après le voyage, le retour est toujours à la fois difficile et agréable. Difficile parce qu’il faut changer le rythme de nos déambulations, agréable parce qu’on retrouve son nid. Cette année, il faisait froid mais le nid s’est vite réchauffé. Le secret : le chanvre sur les murs.

Quand je pars, je coupe tous les compteurs d’énergie, électricité et eau, je ne prends plus de risque. Lors d’un voyage à Toulouse, j’avais laissé le courant pour le congélateur et un orage a eu raison de lui juste avant mon retour. Depuis j’allège tout. Plus de courant pour la conservation des aliments, trop lourd sur le plan écologique, je me suis remise aux conserves maison. Je vide le frigo et tout et tout.

Lors des deux retours du bout du monde, il faisait très froid en Bretagne et la maison non chauffée pendant plusieurs jours était bien fraîche : il faisait 5° dans l’escalier d’entrée du premier étage où je me tiens en hiver, pour économiser l’énergie, toujours, et parce que j’aime être dans une cellule de moine pour travailler quand les jours sont courts et ne m’invitent pas à aller travailler dehors, sauf ponctuellement pour un élagage ou autre.

Dès notre retour, j’ai allumé les radiateurs électriques, mini, 750 w dans l’escalier, 1500 w dans la chambre d’écriture et 2000 w dans ma chambre-studio-cuisine, plus vaste et un petit dans la salle de bain.
Jose-Anne n’en revenait pas, en très peu de temps, celui de défaire nos bagages, de dresser la table dans la chambre d’écriture, de chauffer ce qui devait l’être, et la température ambiante des pièces était confortable. Rien de trop, nous étions bien couvertes, style pelures d’oignons, mais la chambre d’écriture était agréable. Comme Jose-Anne n’aime pas avoir une chambre trop chaude pour dormir, j’ai réglé au minimum le radiateur avant de lui souhaiter une bonne nuit.
plat d'huitres et cremant de bourgogne

Le secret : l’isolation en chanvre

Depuis les années 70 en Ariège (09,FR), j’ai été préoccupée d’économie d’énergie sans attendre les discours officiels sur un développement durable. J’ai donc toujours privilégié les matériaux naturels et éprouvés par le temps comme la chaux, le bois, le verre, le chaume, la pierre, la terre.

Les premières informations sur le chanvre m’ont été transmises en 93 par mon architecte Christophe Van de Mortaele, belge tombé amoureux des chaumières bretonnes. Puis j’ai rencontré Jean-Pierre Andrieu, génial agriculteur bio qui a introduit ce matériau et sa préparation pour l’isolation dans l’habitat dans ma région à Riec-sur-Bélon (29340, FR.

Depuis 96, j’ai refait beaucoup de choses moi-même en auto-construction et j’en vois les résultats toute l’année mais particulièrement quand les températures sont excessives, dans un sens comme dans l’autre.
Auparavant la chambre d’écriture, qui se situe en pignon du côté de l’est, était la plus froide de la chaumière dès que le vent se mettait à souffler de ce côté-là. Sinistrée en 2004, le toit a été refait en partie en ardoise (il y avait urgence et je ne trouvais pas de chaumier), mais j’ai pallié la perte de ce merveilleux isolant naturel par une couche de 20 cm de laine de chanvre.

Puis j’ai refait tout le pignon est avec mon mélange personnel d’enduit de chanvre, en intégrant mes bibliothèques de chaque coté du manteau de la cheminée de la pièce du dessous où j’avais mon bureau (que je dois refaire cette année 2010 car il avait aussi été sinistré lors des tempêtes 2004 qui avait eu raison d’une partie du toit de chaume). Quand on pose la main sur l’enduit de chanvre, il est toujours tempéré, jamais froid comme certains matériaux modernes. C’est comme une peau, douce…

Bref le chanvre a contribué au bonheur du retour, en nous donnant une température confortable et agréable à moindre coût. Certes, j’utilise encore les radiateurs électriques, n’ayant pas les moyens d’investir dans des solutions plus onéreuses, mais je vois d’année en année ma facture d’EDF diminuer, ce qui est le meilleur signe de mes économies d’énergie…

Actuellement, je saisis chaque soir mes cahiers de chantier écrits manuellement depuis des années. Des fiches techniques et pratiques, avec les proportions et surtout mes petits trucs personnels pour gérer seule ces matériaux, seront disponibles sur le site Kerantorec. Abonnez-vous, vous en serez informé(e) tout de suite. Bonne année 2010.

© gaelle kermen 2010

Provisions

Pour économiser sur les frais compressibles, nous organisons au préalable nos provisions de bouche. Cela avait été très onéreux lors du retour de Marseille et Arles, mais à l’époque nous n’étions pas du tout organisées. Pour le voyage en Hollande, nous avions pris de bonnes choses que nous aimions et cela nous avait permis de bien descendre le prix de nos journées.

La restauration fait souvent partie des joies du voyage, personnellement, si j’avais un meilleur budget, j’adorerais m’arrêter et flairer l’air des lieux, observer les gens, les circulations. Mais nous préférons voir des musées et des châteaux et des parcs (ce qui est déjà très onéreux) que de passer du temps à attendre un service pas toujours de la qualité que je souhaiterais ou de celle que j’assurais à mes client(e)s lorsque je tenais la Crêperie de Kerantorec.

Jose-Anne ne supporte plus le brouhaha des lieux publics bruyants.
Aussi préférons-nous préparer nos plats à consommer en picnics sympathiques.

Je prévois du foie gras fait maison, et je rêve de préparer en gelée les huitres sauvages pêchées le mois dernier à Merrien et mises en conserve.
Jose-Anne prévoit de la confiture d’oignon rouge et du far breton.

Pas si mal le programme…

25 décembre, tout se passe bien, le foie gras au torchon est une parfaite réussite, nous l’avons fini ce soir dans l’espace repas de l’Hôtel Première Classe.

© gaelle kermen 2009

Les voyageuses

devant le van Gogh museum
JA et gk devant le Van Gogh Museum

Les voyageuses

Deux femmes : Jose-Anne a 71 ans, j’en ai 63. Mon amie a toujours été habituée à voyager. Moi non, attachée que j’étais à mon piquet sur ma terre de Kerantorec ! JA m’entraine sur les routes et pilote l’auto, je prépare le voyage à l’aide de mon MacBook, le web, etc.

Deux chiennes : Uline, une beagle, Loé, une caniche. Deux petites chiennes recueillies par Jose-Anne à la SPA, enthousiastes, silencieuses, propres, bref d’excellentes routardes !

dure la vie de chateau
dure la vie de château, photo prise à l'hôtel La Marine de Loire, Montsoreau, 6 janvier 2009 © gaelle kermen 2009

Une auto, une vieille Audi que JA pilote de main de maitre et qui a fait ses preuves lors d’une tempête de neige en janvier 2009.

Voilà pour les voyageuses.

Nos centres d’intérêts

JA et moi nous nous sommes rencontrées aux Amis du Musée de Pont-Aven, nous aimons l’histoire, la peinture, les vieilles pierres, les cathédrales, les abbayes, les musées.

Un des axes de mes recherches se situe en effet dans les monuments historiques, dont les châteaux, cathédrales, statues et tableaux me permettent de mettre un décor, un corps et un visage sur les ancêtres d’une jeune amie dont je fais l’arbre généalogique (Charette-Beaumont-Bourbon). Cette quête donne beaucoup de sens aux vieilles pierres rencontrées au cours de nos voyages.

Et puis nous allons sur les chemins des écrivains et des peintres, qui nous permettent de mieux voir la réalité qui nous entoure.

Nos deux premiers voyages ont été sur les Pas de Vincent van Gogh, pour les expositions van Gogh-Monticelli à Marseille (décembre 2008) et Les Couleurs de la Nuit à Amsterdam (mai 2009).

Au retour de Zundert et d’Auvers, à Paris, au Musée d’Orsay, j’ai rencontré le portrait de Marcel Proust, qui m’a permis de changer de vie, en rentrant je me suis cloîtrée pour écrire !

Cette fois, dans ce dernier voyage de l’année 2009, nous partons admirer les couchers du soleil de solstice d’hiver aux pointes de la Bretagne, fêtes de la nature.

© gaelle kermen 2009

Relation du voyage commun

Le voyage a été multiple puisqu’il a été fractionné en plusieurs endroits : d’abord Toulouse, du lundi 15 décembre au mardi 23 au matin, puis Villemagne pour fêter Noël en famille jusqu’au 29 décembre au matin où Jose-Anne, Ana et moi, nous roulé jusqu’à Marseille, chez des amis qui ne tiennent pas à ce que je cite leurs noms. Le 1 janvier nous avons rejoint nos amis Moore à Arles.
Le 2 janvier nous sommes rentrées vers Castelnaudary, nous reposer un peu.
Le retour s’est fait à deux, Jose-Anne et moi, de Toulouse à Pont-Aven, en passant par Moissac, Fontevrault, Angers, Vannes et la maison le 9 janvier.

Le voyage à Marseille était l’exposition Van Gogh-Monticelli.

Nous avons retrouvé 30 décembre 2008 mes amis Martine et Anthony Moore que je n’avais pas revus depuis août 1982. La soeur de Martine était là aussi, j’avais été son institutrice de quelques jours à saint-Prix (Val d’Oise) en 1965. Maintenant elle est professeur de philosophie à Montpellier.
Nous avons visité ensemble l’exposition Van Gogh-Monticelli, qui est à l’origine de notre idée de voyage.
Nous avons déjeuné (mal) au restaurant du Musée de la Vieille Charité mais c’était l’occasion de faire ou refaire connaissance.

Jose-Anne, Ana et moi, avons passé le réveillon du Nouvel le soir du 31 décembre au Panier selon la tradition marseillaise entretenue par Raymond le Patriarche. J’ai fait un beau portrait de lui, intitulé « Raymond empereur du Panier ». Car il a une tête d’empereur romain ou arlésien. Nous avons pu fêter la fin d’année à la provençale avec de vrais amis provençaux dans l’ambiance exceptionnelle d’une vraie crêche provençale.

Le lendemain, le matin du 1er janvier 2009, nous avons rejoint Arles où là encore, nous avons été reçues fastueusement.
Martine et Anthony nous offraient la chambre à l’hôtel de l’Amphithéâtre, en face de la maison de Christian Lacroix. Une chambre avait été retenue pour Jose-Anne et ses petites chiennes qui faisaient partie du voyage.

Le 2 janvier nous avons repris le chemin du retour car Ana devait rentrer à Toulouse pour des partiels d’histoire de l’art dès le lundi matin. Nous avons traversé la Camargue puis la plaine de Carcassonne, avons laissé Ana à la gare de Castelnaudary en fin de journée et sommes restées Jose-Anne et moi deux jours nous reposer à Villemagne.

Le dimanche matin 4 janvier, nous sommes reparties vers Toulouse déposer des affaires à Ana, avons mangé un morceau ensemble et avons quitté Toulouse vers 14 heures 30 pour Moissac où nous avons pris notre premier hôtel au Chapon fin sur la grande place, non loin de la Cathédrale Saint-Pierre et de l’abbaye de Moissac.

Le lendemain, lundi 5 janvier, nous faisions la visite de ce bel ensemble qui avait fait l’objet du choix de Jose-Anne. Le mien était l’abbaye de Fontevraud pour m’incliner sur le tombeau d’Aliénor d’Aquitaine. Ces deux choix ont guidé notre itinéraire car ce n’est pas courant de faire ce genre de visites en plein hiver surtout quand la neige s’apprête à être au rendez-vous ainsi que l’on nous en avait averti en quittant Moissac. Fontevraud étant à 30 kilomètres de Pouzay, c’était l’occasion pour José-Anne de revoir une vieille amie, ravie de nous recevoir à déjeuner et peut-être loger dans un gîte à Sainte-Maure de Touraine. Mais lorsque nous l’avons appelée de Lussac les châteaux, la neige était chez elle et elle nous conseillait de rester à Chatellerault. Après un bouchon qui aurait pu mal tourner à 15 kilomètres de Chatellerault nous avons pu loger au Campanile sur la ZA près de l’autoroute et nous avons pris des chambres séparées pour bien nous reposer. Cet épisode a été le sommet de nos aventures. J’ai pu prendre des notes ce soir-là à l’hôtel dans mon journal habituel.

Le mardi 6 en fin de matinée, nous avons rejoint Pouzay dans la neige et avons passé un bon moment entre amies passionnées par la culture, la peinture, le jardin, les plantes, la musique, le bon vin, la vie.

L’après-midi nous avons continué vers Fontevraud où nous n’avons pas trouvé de gîtes, les chiennes n’étant pas acceptées. Nous avons donc logé à l’Hôtel-Château Collection, La Marine de Loire, un monument de prétention décorative sur lequel je reviendrai malgré l’accueil très sympathique et chaleureux de la propriétaire qui faisait ce qu’elle pouvait dans des conditions météorologiques qui empêchaient son employée de venir travailler.

Nous avons visité l’abbaye royale de Fontevraud le mercredi matin 7 janvier à 11 heures dans la neige, un émerveillement de blancheur !

Puis nous avons repris la route vers Angers où nous avons pris un hôtel All Seasons. Nous avons fait un tour de ville à la nuit, avec plein de gens car c’était le premier jour des soldes. Passer d’Aliénor d’Aquitaine aux marques en vogue est un choc culturel !

Nous avons dîné à L’ambassade, d’un repas traditionnel que j’offrais à Jose-Anne avec une demi-bouteille de Nicolas de Bourgueil recommandé par Jean-Yves à Noël comme le vin de Louis XIV, longtemps réquisitionné par lui à son usage personnel.

Le lendemain 8 janvier nous avons suivi la visite guidée de l’Apocalypse de Saint-Jean, puis nous avons visité le château, la salle des maquettes, les 7 tapisseries du Logis Royal, les remparts, la vigne, le jardin des simples.
L’après-midi je suis allée visiter la cathédrale avant de revenir acheter un Quart de Chaume mythique en souvenir de mon père et un Nicolas de Bourgueil en cadeaux de dernier moment.

Enfin nous avons quitté Angers pour reprendre le chemin du retour.
Mais j’étais fatiguée, c’était le jour anniversaire de la mort de Samson et j’étais perturbée, je perdais mes gants, mon chapeau, je n’étais pas tout à fait moi-même. J’aurais aimé rentrer directement par l’autoroute et trouver un hôtel à Nantes pour visiter le lendemain matin le musée des Beaux-Arts comme j’aurais aimé pouvoir visiter celui d’Angers.

Mais j’étais tributaire de la gentillesse et de la générosité de José-Anne qui a eu envie de rentrer par la vieille route qu’elle empruntait si souvent lorsqu’elle venait de Paris à Quimperlé.
Nous avons fait un détour vers Couffé, le village natal de François-Athanase, chevalier Charette de la Contrie, frère de l’ancêtre d’Edwina qui fut anobli par Charles X. Une belle statue dans une belle lumière du soir.

Le temps était froid et il n’était pas possible de rentrer chez nous par une température aussi basse. Jose-Anne a décidé de pousser jusqu’à Vannes car elle n’avait pas envie d’entrer dans Nantes au moment où la circulation était aussi dense avant 18 heures, ce que je comprenais. Mais la route jusqu’à Vannes était plus longue qu’elle ne le pensait. Et nous étions bien fatiguées.

Nous avons pris un hôtel style année 50, la Chaumière. Nous avons fait un long détour pour aller au restaurant pourtant proche et je n’en pouvais plus. Et j’ai trébuché sur un trottoir en tombant lourdement ! le genre de choc que je n’avais jamais connu de ma vie, j’ai cru que là je m’étais cassé quelque chose, mais non j’ai pu me relever, aller au restaurant proche, prendre la dosette d’arnica montana que j’avais dans ma pochette, manger un peu et rentrer à l’hôtel. Ça a été dur mais j’ai pu le faire. La petite chienne Uline est venue se coucher contre moi pendant la nuit comme si elle voulait enlever le mal.

La nuit a été un peu dure mais j’ai dormi. Le lendemain j’ai pu marcher un peu dans la vieille ville de Vannes et visiter la cathédrale mais j’en avais assez. A midi j’ai dit que je voulais rentrer et nous sommes arrivées à 13h30 à Kerantorec.

Depuis mon bras s’est remis doucement, de noir il est devenu bleu et jaune puis bleu violet tendre, et c’est pourquoi je peux enfin écrire ces notes de relation du Voyage dans le Sud.

4 janvier 2009 Moissac, Tarn et Garonne

Me voici enfin connectée en attendant le repas du soir en bas de l’hôtel du Chapon fin où nous faisons notre première halte sur le chemin du retour.

Nous avons laissé Ana au train l’autre soir du 2 à Castelnaudary et avons passé deux nuits à Villemagne chez Mélanie et David avant de reprendre la route ce matin. Passées à Toulouse rapporter des affaires à Ana, nous sommes remontées vers le nord pour voir l’abbatiale de Moissac. Arrivées juste avant la fermeture, nous avons pris un hôtel sur la grande place de la ville pour aller faire la visite demain matin à 10 heures.

Durant la première partie de notre voyage depuis une semaine c’était moi ou Ana qui payions car José-Anne avait renvoyé son carnet de chèques avec ses timbres et affaires en colissimo chez elle avant de quitter Amélie-les-bains. Elle a une carte bancaire qui ne lui permet que les retraits et elle n’avait pas reçu le virement lui permettant de retirer normalement son argent en espèces. J’ai donc dû tout payer au cours de nos pérégrinations ou bien Ana. Ce qui est vraiment le monde à l’envers, Jose-Anne n’ayant pas du tout l’habitude qu’on paie pour elle. Ça a été une excellente expérience.

Hier José-Anne a accompagné Mélanie à Revel au marché et elle a enfin reçu son virement et désormais je suis son invitée en remerciement de l’accueil extraordinaire que lui ont fait mes amis de Marseille et Arles.

Difficile d’écrire en voyage, je ne suis jamais assez longtemps concentrée pour pouvoir noter des choses aussi profondes que celles que je vis… j’espère mémoriser assez d’informations pour retranscrire l’essentiel.

© gaelle kermen 2009

2 janvier 2009 Arles hôtel de l'Amphithéâtre

Arles, hôtel de l’Amphithéatre en attendant mon petit déjeûner.

Voilà, la fin de l’année s’est passé à Marseille et la nouvelle à Arles.

Pas pu écrire sur ce MacBook, trop de gens autour de moi, trop de mouvements, trop de déplacements, trop de choses à voir, à penser, à organiser.

Tout s’est bien passé. Mes amies Macha et Martine se sont mises en quatre pour me recevoir avec Ana et avec mon amie Jose-Anne.

© gaelle kermen

Noël 2008 à Villemagne, Aude

Villemagne, Aude

Le temps a passé très vite. J’ai quitté Toulouse mardi matin pour venir dans l’Aude dans la maison de Mélanie, David et Noé.
Noël s’est passé merveilleusement, avec un repas conçu et dirigé par Jean-Yves, l’ami de Coralie, chef au Pottiok rue Arnaud Bernard à Toulouse où nous avions dîné Coralie et moi après mon arrivée.
Nous étions nombreux, serrés dans la petite cuisine cave de la maison de Villemagne, mais la table ovale permettait à chacun de se tenir à l’aise.

Jean-Yves avaient apporté des produits comme le foie gras à un prix défiant toute concurrence. Je viens d’en manger encore ce matin à mon petit déjeuner. Mon régal quand c’est possible au moment des fêtes ! Mais jamais je n’en ai vu autant après les fêtes, sauf peut-être après la venue de Kiki Féraud venue passer le 1er janvier 1989 à Kerantorec, qui avait apporté du foie gras en grande quantité de chez Fauchon !

Ana essaie de travailler dans un contexte de fête et ce n’est pas facile. Elle écrit un article que l’exposition Rothko qu’elle a vu à Londres au début du mois.

Pour la suite du voyage, Jose-Anne doit nous rejoindre demain pour nous emmener à Marseille chez Macha et Raymond puis chez Martine et Anthony à Arles. L’avantage c’est que les deux maisons sont branchées Mac et Internet et qu’Ana pourra consulter ses pages FaceBook et MSN.

Le village de Villemagne n’est pas connecté en ADSL et j’ai réussi à avoir deux messages hier sur le site de Free mais pas ceux de DBMail. J’ai mis une phrase sur la neige d’hier sur ma page FaceBook. J’ai mal anticipé ma venue ici sans connexion. J’aurais dû faire mes messages de Noël de chez Ana où la connexion sur la Freebox des voisines du dessus (échange avec la place de parking prévu par la location de l’appartement) me permettait de travailler sur le net comme à la maison.

Je suis donc en phase de désintoxication web. Pas plus mal certes. Mais je n’ai pas écrit. Je ne suis donc même pas une écrivante voyageuse. Pas le temps pour moi car les autres sont là, autour. Même si mon rythme un peu décalé (je me lève et me couche plus tôt) me laisse des plages sans les autres, jusqu’à ce matin, je n’ai pas eu la disponibilité d’ouvrir le MacBook et de prendre des notes.

Je faisais la vaisselle, n’ayant pas participé à l’élaboration des repas. J’avais préféré faire le rangement à fond de la chambre de Noé pour permettre d’y mettre deux lits supplémentaires pour y dormir au chaud avec Ana et lui. Noé m’a prêté son lit (de 90 cm) et lui a retrouvé le matelas de son premier lit de bébé. Et Ana a un matelas par terre, bien encadré et protégé. Nous y tenons au chaud, la pièce est chauffée par le manteau du conduit du poêle.

La pièce du salon est bien chaude aussi grâce au poêle et la cuisine aussi par un radiateur qu’on ne peut arrêter sous peine de panne et la chaleur du four. Le matin du 24, j’ai branché une prise sur la cuisinière neuve qui permet l’allumage automatique et l’utilisation du four.

Par contre le reste de la maison qui est constituée de trois maisons est très froid. La chambre de Mélanie est à 15° mais elle y dort bien. Son bureau est dans une partie qui ne se réchauffe guère. Et nous n’avons pas envie d’y aller. Ainsi tout le monde s’est rassemblé pour faire une fête inoubliable à Noé le soir du 24 et le lendemain pour lire en famille, les BD reçues en cadeau la veille et jouer aux jeux de société.

Ana au milieu de tout ça a fini par réussir à écrire un début de texte sur son exposition de Mark Rothko de Londres sur le Macbook. J’ai enfin réussi à lui faire comprendre qu’il valait mieux écrire ses devoirs sur son ordinateur et les imprimer. Elle n’a pas d’imprimante mais elle a à sa disposition une agence informatique à 100 m de chez elle sur le trottoir de l’avenue Charles de Fitte qui mène à Saint-Cyprien.

Hier quand Jean-Yves et David sont repartis à Toulouse, la neige commençait à tomber. Un peu plus tard dans la matinée, tout était blanc. Ana est sortie, mue par une inspiration à la Andy Goldsworthy, dont nous avions vu la veille le DVD Rivers and Tides et a pris des photos. Je l’ai rejointe un peu plus tard et nous avons des photos magnifiques.

© gaelle kermen 2009

Toulouse La Daurade et la Vierge Noire

Le temps est gris sur Toulouse.

Le temps passe très vite, je fais aussi plus de courses que je n’en fais d’habitude et plus de cuisine. Cela a permis de recevoir impromptu un ami de Ana hier soir, Sébastien qui avait repiqué le monogramme d’YS sur Illustrator. Nous avons passé une agréable soirée avec Marina la colocataire de Ana, belle jeune fille de 18 ans, en hypokhâgne au lycée Pierre de Fermat près de l’église des Jacobins et du Musée des Jacobins. Elle y va en Velib.

Hier après-midi je me suis promenée jusqu’à la Daurade pour revoir la Vierge noire. L’église était vide. C’était très impressionnant dans la tombée de la nuit, l’église était sombre comme une crypte alors qu’on doit monter des marches comme si on entrait dans un appartement.

La Vierge noire elle-même trône avec son fils au sommet d’une composition très rococo, l’ensemble représente un sacré foutoir, peu lisible. A la limite on se demande ce qu’elle fait là.

J’aurais assez envie, si je devais lui créer une robe comme je le conseille à Coralie, de faire des écharpes qui masqueraient tout ce qui est à ses pieds, des étoles, des châles, des tapis blancs qui effaceraient tout l’environnement et les laisseraient simplement se révéler en contrejour ou plutôt en transparence. La dévotion serait alors plus évidente, car les personnages sont trop présents par rapport à la Vierge.

il faudrait redonner à la Vierge toute sa dimension au-dessus de la mêlée pour qu’elle puisse rayonner librement. Là elle a les pieds collés au sol trop lourd. Elle a des sabots dans la boue quand elle devrait avoir des pieds ailés.

Chaque époque a son esthétisme et l’esthétisme religieux du dernier siècle est souvent discutable. Celui-ci est dans le genre pire saint-sulpicien si c’est possible.

Oui, moi je la remettrais dans les nuées. Eventuellement juste avec une étole arc-en-ciel au-dessus des nuages, en symbole d’harmonie entre les couleurs des peuples du monde.
Alors la voûte au-dessus d’elle redeviendrait aussi plus lumineuse.

© gaelle kermen 2009