Novela 2010 Grand Debat sur le Livre Numérique

TOUJOURS LA QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES, DES RURAUX ET DES URBAINS

Gaelle Kermen vs Ombres Blanches

NOVELA 2010 Festival Toulouse Numerique Partage des Savoirs
Grand Débat sur le Livre Numérique du 6 octobre 2010

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Ces cinq jours de Toulouse Numérique ont changé ma vie d’auteur numérique indépendant, en me faisant rencontrer des gens aussi enthousiastes, aussi passionnés que moi.

La seule ombre au tableau a été le mépris affiché à mon endroit de la part du patron de la grande librairie Ombres Blanches.

J’ai été traitée avec grand mépris après avoir fait part de mon expérience d’auteur numérique, vivant au fond des bois, en Bretagne, publiant chez un éditeur californien Smashwords, en vente sur Amazon, Apple iPad US, Barnes and Noble, Kobo, Diesel ou Sony, tous organismes diabolisés par ce monsieur dans ses précédentes prises de parole, alors que mes amis cultivés et moi-même commandons nos livres en ligne depuis des années pour ne pas avoir à faire 64 kilomètres, parfois en vain, pour trouver les livres qui nous intéressent.

Il a dénié tout intérêt à l’Internet et aux réseaux sociaux, méprisant ainsi tous ces gens qui, comme moi, étaient venus à Toulouse Numérique pour parler de nouveaux modes de culture, ne dépendant plus d’une élite codifiée, assermentée, diplômée, officialisée, mais accessible à quiconque se donne la peine de réfléchir et de s’exprimer.

Installé sur ses positions de gros libraire, bien assis, en centre ville d’une grande agglomération, il méprisait la finalité même du Festival Novela 2010 Toulouse Numérique, le partage des savoirs.

Mais si je me suis permis de parler comme je l’ai fait, parlant moi de ce que je connais et pratique, c’est parce que dans cinq ans, ce que je vis depuis quinze, dix, cinq ans, sera devenu la norme. Et si Ombres blanches ne le comprend pas maintenant, Ombres blanches ne sera plus qu’une ombre noire.

Alors je n’ai rien répondu. D’ailleurs, alors que j’allais reprendre la parole, le directeur des Editions Privat m’a fait signe de le laisser finir, comme si j’étais une sale gosse impertinente qui coupait la parole aux grandes personnes, celles qui savent.

Mais ces gens pompeux et prétentieux, confits sur eux-même, ont monopolisé notre temps sans nous apporter la moindre information intéressante ni de réponse à la question même du débat : En 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ?

Je n’ai rien entendu sur le livre numérique en 2010, encore moins projeté en 2020. J’ai entendu des Marchands ou des Prêtres du Temple du Livre Sacré parler de leur métier tel qu’ils le pratiquent depuis 150 ans.

Je savais bien que l’impression et la diffusion représente un énorme pourcentage du prix du livre (55%) et c’est même pour cela que j’avais fait le pari d’Internet et de l’édition numérique en 1995, a fortiori en 2010.

Comme je ne pouvais rien ajouter, je me suis mise sur Twitter pour raconter en direct ce qui se passait dans ce débat. Immédiatement retwettée.

#Novela 2010 Grand débat Livre numérique : en 2020, quels acteurs du livre numérique serez-vous ? © gaelle kermen 2010

Après le débat, le directeur des Editions Privat est venu me serrer la main et m’a dit avoir apprécié l’humanité que j’avais apportée par mon témoignage, ainsi que l’avaient fait deux autres personnes du public, dont Cedric Beuchet, avec qui je communique depuis la première table ronde de la Novela Toulouse numérique, et la vaguemestre de la Librairie Ombres Blanches qui pensait qu’il y avait de l’humain derrière les boutons d’un site, que j’avais applaudie.

Nous avons parlé rapidement des problèmes juridiques affiliés au livre en France. J’ai pu lui dire que je regrettais de n’avoir pas pu parler des manques qu’affrontait l’auteur numérique, et que surtout surtout il ne fallait pas transposer les modèles connus pour construire l’univers du livre numérique de demain. Il était d’accord mais, pressé, a dû écourter l’échange. J’ai apprécié néanmoins qu’il vienne me serrer la main.

En 2020, j’espère que mes 50 ans d’écriture seront disponibles sur toutes les tablettes, de tous les coins du monde, pour un prix bas accessible à tous, sans DRM (Digital Right Management), car je fais confiance à mon lectorat.

gaelle kermen on Twitpic photo de Michel Fauchié

Retour :
Avant l’arrivée à Marseille dans le train, la dame de l’autre côté de la travée m’a demandé : « Est-ce que vous êtes écrivain ? » J’ai souri et dit : « Oui ! ». Elle m’avait vu lire sur le Kindle vu à la télé, dont elle pensait que c’était une bonne chose et en tout cas l’avenir. Puis elle m’avait vue prendre des notes dans le MacBook, alors elle s’était dit : « Elle est peut-être journaliste ». Plus tard, j’avais mis mon chapeau et là elle avait pensé que j’étais écrivain ! 😉

De Images Blogger

Post-Scriptum :
Je n’ai pas l’habitude de sortir de mon ermitage pour participer à des mondanités. Une circonstance familiale a fait que j’ai assisté à ce Grand Débat sur le Livre Numérique qui ne m’a rien appris que je ne sache déjà.
Une suggestion : j’eusse préféré que l’animateur de ce débat fût Michel Fauchié, de la Médiathèque de Toulouse, qui a su instaurer dans le petit salon du Livre numérique une ambiance propre aux débats permanents entre bibliothéquaires, volontaires et bénévoles, et les lecteurs, sceptiques puis intéressés à la lecture sur liseuses Bookeen, un iPad puis sur mon Kindle que j’ai fini par laisser à disposition. Xavier Cazin (Immatériel) eût contrebalancé les forces traditionnelles de l’édition et de la diffusion des livres en parlant librement de sa pratique numérique. Pour l’an prochain ?
Quant à Ombres blanches, la librairie a de beaux jours devant elle en continuant à organiser les rencontres entre auteurs et lecteurs, car c’est bien le plus important. A méditer !

© gaelle kermen octobre 2010

Sur le Festival Novela 2010 Toulouse Numerique

SUR LE FESTIVAL NOVELA 2010

Après les cinq jours de TOULOUSE NUMERIQUE, du 2 octobre au 6 octobre 2010, dans le cadre de la NOVELA 2010, festival des savoirs partagés, voici un petit bilan que j’ai moins aimé et ce que j’ai adoré :

Je n’ai pas trop aimé :
Entrée du Centre Pierre Baudis, Toulouse, Novela 2010

Le lieu ne me parait pas spécialement populaire. Le Centre Pierre Baudis, très beau, si on le regarde en termes d’esthétique contemporaine, est plus assimilé à un Centre d’affaires où on n’entre pas comme ça. Les grands halls m’ont paru disproportionnés, avec trop de place perdue pour la bonne ménagère soucieuse de préservée l’énergie que je suis. Il me semble qu’un lieu plus convivial conviendrait mieux pour les prochaines éditions.

Pascal Lardellier, sociologue Université de Bourgogne-Dijon en conférence pour la Novela 2010© gaelle kermen 2010

La disposition des débats et tables rondes mettait trop de distance entre les intervenants et les assistants, comme s’ils nous dispensaient la bonne parole de haut en bas avec condescendance. Il faudrait que les chaises soient plus proches et tournent en ellipse (à la rigueur en hémicycle) pour que chacun puisse partager ses savoirs au même niveau.

Ceci mis à part, la scénographie était très agréable et chaleureuse, dans les ateliers, en particulier dans le salon du Livre numérique, qui attirait beaucoup de monde. Merci à Emmanuelle Sapet la scénographe.

#Novela 2010 LIvre numérique essai de l'iPad© gaelle kermen 2010

Les interventions des spécialistes, m’ont paru trop longues, monologuées, ennuyeuses, endormantes. Je préfèrerais le lancement d’un sujet avec deux ou trois spécialistes (je dis bien spécialistes, pas des gens installés qui parlent de ce qu’ils ne connaissent ni ne pratiquent, notamment le web, comme je l’ai vu à cette Novela).

Heureusement, les échanges entre les intervenants blogueurs et quelques passionnés comme moi ont été d’une grande richesse.

Je regrette de n’avoir pas pu discuter avec Jean-Luc Raymond parce que je ne connaissais que son pseudo Twitter jeanlucr. Il est donc souhaitable désormais d’afficher les noms et pseudo du web.

Je regrette de n’avoir pas pu voir les jeunes gens dynamiques de eBouquin que je suis sur Twitter et dont j’ai beaucoup entendu parler dans le petit salon du Livre Numérique.

eBouquins et les iPad

Tout le reste, j’ai adoré !

J’ai particulièrement apprécié la démarche du blogueur Julien Bonnel, les compétences du créateur d’OverBlog, Nicolas Poirier, la créativité des graphistes de la QRious Code Expérience, l’espoir en la nouvelle génération que sont Willy Braun (Toulouse Busines Scool), Benoit Salles (Les Echos du Net) et les jeunes de l’ETPA avec le jeu Versus.

QRcode Frédéric Daubagna et Julien Bonnel

QRious code, oeuvre d'art de Frédéric Daubagna et Jacques Pecate

J’ai surtout eu des échanges formidables pendant cinq jours.

Rencontrer un public aussi enthousiaste que je puis l’être a été pour moi une découverte, moi qui ne sors que rarement de mes talus bretons.

J’ai apprécié l’ambiance du salon du Livre numérique, créée par Michel Fauchié. Au lieu de faire de grands discours, il a permis la manipulation et les échanges.

Mon Kindle3, récemment commandé sur le site d’Amazon US, a servi de démonstration aux bibliothécaires ou bénévoles, à qui j’ai fini par le laisser à disposition car c’était le plus pratique de tous les outils de lecture. Plus que les Bookens en test, plus que l’iPad, trop grand, trop lourd, trop brillant, à mon goût. Le Kindle3 est abouti, confortable, efficace, pratique, léger, à avoir toujours dans sa poche avec la bibliothèque d’Alexandrie retrouvée.

#Novela2010 Liseuses (lisels) sur une table du Livre numérique

Partager nos expériences et avis avec les jeunes blogueurs ou blogueuses, en allant très vite dans les compréhensions, sans palabre inutile, car nous parlons le même langage, a été pour moi un réconfort exceptionnel. J’ai eu le sentiment que la relève était assurée.

Et j’ai fait de grandes rencontres humaines, Julien Bonnel, Cédric Beuchet, Louella Borderies, Willy Braun, Aurore Beugniez, Benoit Salles, Frédéric Daubagna et Jacques Pecate, Nadege Barreaud, Franck Menigou, Maud Dahlem, Samuel Bausson, Charlotte Hénard, Carole Fabre, Nicolas Richer, Aladin El Hedri et les jeunes d Twitapero de BlogsurGaronne, et encore Aziza Morceli, Denis, Christophe, Romain Rolland, Jérôme…

C’était ma première sortie publique depuis des années et des années de claustration entre mes talus bretons. Il a fallu la Ville Rose (et ma fille coordinatrice) pour m’attirer là. J’en repars riche de nombreux sourires et regards bienveillants.

Car c’est aussi cela qui m’a séduite dans le Festival des Savoirs Partagés à la Novela 2010 : la gentillesse, la courtoisie, la bienveillance entre les gens dans les ateliers, les tables rondes. Ce n’est pas si courant. Alors oui, si je le peux, je reviendrai l’année prochaine.

Bravo à la Mairie de Toulouse et à ses représentants qui travaillent avec autant de coeur sur le thème de l’innovation.

Merci aussi à Mélanie Portet-Le Doze, pour son excellente coordination. Parcours sans faute. Bravo !
Jusqu'à la dernière minute : Romain Rolland et Mélanie Portet-Le Doze

Galerie photo Flickr : http://www.flickr.com/photos/gaelle_kermen/sets/72157625099726596/

© gaelle kermen octobre 2010