Comment j’ai découvert Ploemeur à vélo et continué l’entraînement

Ma commune est côtière et sa devise porte les mots de la terre et de la mer. Elle a trois ports et trois plages, de multiples criques sauvages, des huitres réputées, les plates de Belon, des mégalithes et des chapelles. Née ici, je suis partie vivre à Lorient, puis à Paris, dans le Val d’Oise, en Ariège et en Haute-Savoie. Enfin, je suis revenue et je m’y sens bien. Je vis sur le vieux pays de mes pères, ar vro goz ma zadou.
Pourtant, quand ma troisième fille a décidé de s’installer à Plœmeur en Morbihan, j’ai découvert une commune encore plus riche, plus dynamique, plus incroyable. J’ai passé trois semaines cet été 2016 à la découvrir à vélo et ces journées font partie de mes meilleurs moments

Je gardais un petit chat de six mois pendant les vacances des enfants. Du cat-sitting. Je gardais ainsi leur appartement et ils étaient tranquillisés de savoir que s’il y avait le moindre problème, j’interviendrais et les préviendrais. J’ai déjà fait du flat-sitting pour occuper un appartement pendant les vacances d’amies et c’est une bonne formule pour tout le monde. Moi ça me dépayse sans frais, et comme je ne suis pas chez moi, je n’ai pas de travaux d’entretien ou de réparation à faire, je passe tout mon temps à écrire et à me promener. Ce que je ne me permets pas souvent à la maison, où il y a toujours un truc à faire, du genre gros travaux d’Hercule. Ma grande chaumière est aussi plus difficile à entretenir qu’un appartement de trois pièces.

J’avais apporté mon vélo et j’ai découvert Plœmeur par ses pistes cyclables, ses chemins creux et ses sentiers côtiers. J’ai été éblouie.
Autrefois, j’ai un peu connu Plœmeur, quand j’étais petite fille et que nous habitions le port de pêche de Lorient dans les années 50. Nous venions nous baigner au Courégant, à Lomener. Nous nous promenions le dimanche dans les Kaolins. Plus tard, entre 1986 et 2009, je visitais souvent mon amie Nicole Courset à Larmor-plage, et si j’arrivais chez elle par la pénétrante de Lorient, pour rentrer je passais toujours par Plœmeur, je faisais le tour de l’église, venant de Larmor, pour partir vers Quimperlé. J’en connaissais les grands itinéraires, le magasin Point Vert où j’achetais des fournitures de jardin, ou le Parc de Kerihuer où je m’arrêtais parfois pour dégourdir ma petite chienne d’alors. Parfois, je rentrais par la route côtière du Fort-bloqué, pour rejoindre Guidel. Mais je ne connaissais pas bien les contours de Plœmeur, je crois même que je confondais ses limites avec celles de Lorient, Larmor et Guidel.

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Eglise de Ploemeur un soir de septembre 2016

Comme j’avais pris le vélo, je me suis documentée à l’Office de Tourisme pour avoir des cartes. Une de mes passions est la recherche des mégalithes. Découvrir des mégalithes à vélo, c’est idéal. La jeune femme m’a remis de nombreuses fiches sur les chapelles et les mégalithes et m’a recommandé les voies vertes, violettes, bleues, etc.

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Carte des mégalithes de Plœmeur avec les voies vertes

Lors d’un premier séjour, ma fille m’avait emmenée jusqu’à Lomener. J’avais pu le faire. Je pouvais continuer seule, en allant doucement d’abord, puis en augmentant le kilométrage et les efforts. J’avais fait une pneumonie l’hiver dernier, parce qu’opérée d’un œil l’été précédent, je n’avais pas osé prendre de risques, je n’avais pas fait de vélo, je n’étais pas allée nager. C’était une erreur, je n’avais pas accumulé la vitamine D et je m’étais fragilisée. J’étais sortie de cette épreuve pulmonaire hivernale sans souffle et sans muscle. Tout avait fondu. Je n’avais pas pu faire les tâches de bûcheronnage qui me sont habituelles au cours de l’hiver. J’avais perdu deux mois de travail d’écriture. Je ne voulais pas revivre un hiver pareil.

J’avais donc repris le vélo en fin de printemps, dès que je m’étais sentie plus forte, et j’allais nager régulièrement à Merrien à trois kilomètres de chez moi, ce qui me faisait un aller et retour de six kilomètres. Juste un petit entraînement. Mais déjà je reconstruisais ma musculature, retrouvais un peu de souffle et surtout reprenais confiance en moi.
Les enfants habitent au centre de Plœmeur, tout près de l’église. Si je voulais aller me baigner, je devais faire au moins huit kilomètres, Lomener, la plage la plus proche, dans l’anse du Stole, est à environ quatre kilomètres. Je l’avais fait une fois, je pouvais le refaire.

Mi-août, j’avais reçu mon nouvel iPad et un iPhone et j’avais l’intention de rédiger un guide d’utilisation pour les auteurs francophones de l’application Scrivener pour iOS. J’avais testé l’application nomade à Merrien, au cours de mes balades pour me baigner. C’était une bonne façon de me libérer l’esprit que de pouvoir écrire au bord de la mer, comme autrefois je notais mes idées dans mon journal, assise sur le sable ou dans les rochers. Circuler, bouger, permet de faire décanter les idées. J’ai souvent trouvé des solutions informatiques loin de mon clavier et de mon écran de bureau. Et ça depuis un quart de siècle. Je visualisais mieux les problèmes quand je n’avais pas le nez sur l’écran. Décantation productive. Recul et réflexion. Solutions et actions.

 

Bureau d’été 2016 : iPad mini 4 dans sac à dos

J’ai installé une application sur l’iPhone, Cyclemeter. J’ai pu voir très vite que je faisais plus de kilomètres que je ne me croyais capable de faire. Jamais de ma vie, je n’avais fait autant sans efforts majeurs. Il m’arrivait d’en faire plus de dix-huit, quand je ne trouvais pas le mégalithe cherché, parce que ma carte n’était pas juste, parce que le panneau n’était pas visible. Je continuais au gré de mes errances. Mais la carte du GPS de Cyclometer m’indiquait au moins où j’étais.

Dès le premier jour, m’étant un peu perdue, devant traverser une grande route (car ça circule beaucoup à Plœmeur), j’avais demandé mon chemin à un promeneur avec son chien. Il m’avait rassurée, me disant : « A Plœmeur, vous pouvez toujours trouver un chemin vers la mer. »

Je cherchais donc les chemins vers la mer. Je voulais nager le plus souvent possible. Pendant le mois de septembre, il faisait un temps extraordinaire, avec une petite brise agréable et une température idéale pour pédaler et aller nager.

Mon emploi du temps d’écriture active était réglé ainsi.

Le matin, très tôt, le petit chat posait sa patte de velours sur ma joue, comme pour me dire : « Il est temps de te lever, tu dois travailler. »

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Yoga du matin du petit chat Yuzu

Il avait raison, c’est le matin que je travaille mieux. Je prenais l’iPad, le clavier et je travaillais mes chapitres. La rédaction s’est faite assez vite.

Parfois, j’allais à la boulangerie dès l’ouverture, en bas sur la Place de l’Eglise, ce que je ne peux pas faire chez moi en pleine campagne, sauf quand je fais lever mon pâton ou ma brioche pendant la nuit et que je me lève pour faire chauffer mon four avec la plaque réfractaire pour avoir du pain frais et de la brioche chaude au petit déjeuner. Bon, c’est assez exceptionnel quand même. Là, je croisais des gens qui partaient au travail avant le le lever du jour. Chez moi, je ne croise que des chevreuils ou les chiens des voisins.

J’écrivais encore pendant la matinée, pas très longtemps, jamais plus de quatre heures. Ensuite, j’avais besoin de bouger.

Je prenais beaucoup de plaisir à faire mes courses dans le quartier, ne me contentant pas des grandes surfaces habituelles où je fais mes courses toutes les six semaines, pour ne pas avoir à sortir de chez moi.

Le dimanche, j’avais le marché autour de l’église, où je m’offrais quelques extras. J’ai réalisé quelques bons petits plats, dont j’ai congelé une partie pour le retour des enfants.

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Plage du Courégant, marée haute. En face, l’île de Groix

Je préparais mon picnic et partais en fin de matinée à la découverte de Plœmeur, de ses mégalithes et de ses plages. Après mon bain quotidien, je mangeais mon picnic sur la plage. Je rentrais ensuite tranquillement, par une autre route.

Très vite, j’ai réussi à faire une moyenne de 15 kilomètres par jour. Parfois 18 ou 19. J’étais encouragée en voyant mes performances, non pas de vitesse, mais d’endurance. Je ne suis pas une sprinteuse, mais je peux être une marathonienne.

Je suis revenue enchantée de mon séjour en Morbihan. Je n’ai pas besoin d’aller au bout du monde pour sentir battre mon cœur. Chaque rocher ici est un bout du monde exotique, tourné vers l’ailleurs et formidablement intérieur.

Je dirai dans un autre article tout ce que j’ai découvert à Plœmeur. Dans celui-ci, je veux insister sur le vélo et sur ce que sa pratique un peu plus fréquente que les années dernières m’apporte de bien-être et de réconfort.

En rentrant à Moëlan, j’ai décidé de continuer le vélo. Si j’ai pu aussi bien découvrir Plœmeur grâce à ce simple mode de locomotion, je dois pouvoir découvrir ma commune à vélo, aller dans des villages où jamais une voiture ne m’avait conduite, découvrir d’autres chemins creux. Je veux être en forme cet hiver, retrouver assez de forces physiques pour faire les travaux au jardin et le bûcheronnage du parc.

J’ai mis une autre application sur l’iPhone : Strava.

Un de mes amis Facebook, Jeffrey Levin, designer de bijoux en Californie, avait mis un jour une photo de sa baie avec son parcours à vélo vers le Golden Gate Bridge. Whaouh ! Je m’étais dit que moi-aussi j’avais une baie non loin de chez moi, pas aussi prestigieuse, certes, mais bien réelle, vivante et stimulante. Il m’a fait l’honneur de m’accepter sur Strava et depuis je mets moi aussi mes sorties à vélo, matinale ou du midi.

Ma baie à moi, elle donne d’un côté vers l’île de Groix, de l’autre vers les Glenan. Et l’horizon est immense.

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Vélo Raleigh sur sentier côtier

 

Un autre ami anglais publie ses entrainements de course à pied. Alain Miles avait publié son premier ebook sur l’iPad en même temps que moi via Smashwords dès avril 2010. Il a résolu de graves problèmes physiques en courant, il est un des meilleurs seniors du demi-marathon au Royaume-Uni. Son exemple me donne du courage pour sortir régulièrement à vélo. Un ami français parisien, Stéphane Mérand, y publie ses courses dans Paris et sa banlieue et ça me fait complètement rêver. Je n’ai pas la prétention de faire autant de kilomètres qu’eux, mais j’ai la tentation d’aller un peu plus loin dans mes propres efforts, en gardant des sorties régulières. Voir que mes plus petites courses font neuf à dix kilomètres, quand je pensais n’être pas capable de faire plus de six kilomètres me conforte dans ma démarche et me donne du courage pour continuer.

En ce dimanche 13 novembre, terrible date anniversaire, mon ami parisien a partagé une belle expérience. Un de ses amis a partagé sur Facebook une course Strava de 56 km pour tracer dans Paris le symbole de la paix.


Un bel hommage aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015.

#peaceforparis


Voilà comment j’ai découvert Plœmeur à vélo et comment ça a changé ma vie. C’est une activité gratuite qui fait du bien au corps et à l’âme. Le guide Scrivener plus simple pour iPhone et iPad est le fruit de ces pérégrinations cyclistes marines.

Et vous, vous lancez-vous ce genre de défi ? Est-ce que ça vous aide dans votre créativité ? Avez-vous des secrets de forme à partager ? Je suis néophyte, j’ai tout à apprendre. Continuer à apprendre permet de bien vieillir et j’ai à cœur de bien vieillir.

À bientôt pour d’autres aventures.

Gaelle

Kerantorec, le 13 novembre 2016



Crédits

Le petit chat : Yuzu

Les applications de course : Strava et Cyclometer

Les cyclistes : Jeffrey Levin, Stéphane Mérand, Dmitry Kostiukov

Le coureur à pied anglais : Alan Miles

Le vélo : Raleigh (années 90)

Les mobiles : iPhone 5c et iPad mini 4 (Apple)

L’application d’écriture : Scrivener for iOS

Les communes : Moëlan-sur-mer (Finistère) et Plœmeur (Morbihan)

Moëlan-sur-Mer, devise en breton : deus an douar ha deus ar mor (de la terre et de la mer)

Blog auteur gaellekermen.net

Blog Kerantorec : bricolage-jardinage

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Les etonnants voyageurs du monde d’a cote

Une visite a sa place particulière sur mon blog de voyage Hentadou : mes Étonnants Voyageurs du Monde d’à Côté.
#VoyageaPied #TroBreizh #Bretagne

Voyageurs à pied autour de la Bretagne
Voyageurs à pied autour de la Bretagne. © Gaelle Kermen 2013-15

Le 19 août 2013, lors d’un bel été, j’ai accueilli à Kerantorec deux voyageurs originaux : une maman, Padina, et son fils, Corentin, qui venait de fêter ses 7 ans. Ils voyageaient à pied autour de la Bretagne, par les chemins praticables pour leur remorque. C’était une phase de repos pour la maman et d’éternelles questions pour le petit garçon éveillé. Ils arrivaient en fin de voyage, de Brocéliande le 27 juin à Quiberon le 30 août.

Pour moi qui ai du mal à quitter mes talus, c’était un enchantement que de les recevoir, en leur offrant deux bons lits pour qu’ils puissent récupérer de leur fatigue. En fait, j’ai été impressionnée de leur bonne forme, de leur beauté, de leur joie de vivre. Ils rayonnaient, semblant avoir rencontré le merveilleux qu’ils étaient venus chercher autour de la Bretagne magique.

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Le camp des voyageurs à l’arrivée, la tente sèche, le chariot est dételé. © Gaelle Kermen 2013-15

L’établissement du camp pour faire sécher la tente

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Premier repas dans la prairie, Padina et Corentin (au loin un faucheur à l’ancienne) © Gaelle Kermen 2013-15

Le soir j’avais prévu un dîner préparé au feu de bois de mes pierres dolméniques. Photo de Padina Pavonica 2013.

La jardinière fait son repas sur son feu de bois entre les pierres.
Gaelle fait son feu de bois entre les pierres pour le repas du soir. © Padina Pavonica 2013-15
menhir et lune
La lune monte derrière le menhir de l’allée couverte de Kersegalou. © Gaelle Kermen 2013-15

Visite à l’allée couverte sous la lune montante

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Le Korrigan Corentin sous le dolmen, fidèle à la tradition des Korrigans, faire des blagues. © Gaelle Kermen 2013-15
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Maman et lutin près de l’allée couverte au soleil couchant. © Gaelle Kermen 2013-15

Le lendemain matin, je les ai emmenés à la source, puis au cercle des pierres que les Druides avaient créé  pour la Cérémonie du Gorsedd Digor 1985. Les druides sont partis, les pierres sont restées.

Passage du gué à la source, Corentin et Gaelle par Padina Pavonica © 2013-15
Passage du gué à la source, Corentin et Gaelle par Padina Pavonica © 2013-15
lion au cercle de pierre
Corentin dans le bois lors de la visite au cercle de pierres. © Gaelle Kermen 2013-15
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Corentin recrée un petit monde en Playmobil dans le coin des enfants. © Gaelle Kermen 2013-15
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Derniers moments avant le départ, Corentin se repose, Padina a harnaché le chariot et va s’atteler aux brancards. © Gaelle Kermen 2013-15

Je suis admirative des efforts que fait Padina. Elle est très bien organisée, tout est prévu, calibré, géré. Mais je trouve qu’elle se charge beaucoup. Elle a notamment un gros cahier pour noter ses impressions de voyage, que je  lui souhaite de pouvoir remplacer par un iPad Cellular pour un prochain voyage.

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Dernière pose devant la chaumière avant le départ par un ciel sans nuage. © Gaelle Kermen 2013-15
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C’est parti ! Vers le Pouldu en traversant par les champs au fond du Merrien et en passant par l’épicerie des 4 vents avant Doëlan. © Gaelle Kermen 2013-15
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Les bâtons sont restés contre le mur de la chaumière. Panneau du Petit Bonhomme derrière la vitre d’Ana le Doze-Samson © Gaelle Kermen 2013-15

On the road again.
Après leur départ je retrouve les bâtons de marche qu’ils ont oubliés, près du Petit Bonhomme derrière la vitre de ma fille Ana. Le voyage tirait à sa fin.

Le voyage continuait pour les Étonnants Voyageurs du Monde d’à côté. Je pouvais reprendre ma vie d’ermite.

Le lien vers le blog que Padina a tenu pendant leur parcours de plus de deux mois. L’étonnante histoire du monde d’à côté
À la page 2 elle y parle de leur passage à Kerantorec.

Après le voyage, Padina a rédigé le livre. Voici comment elle y raconte son passage à Kerantorec:

« 19-20 septembre 2013 Kerantorec

Il y a cette ancienne maison, celle de ses ancêtres, dont l’isolation porte l’empreinte de Kerdavid, qu’elle redresse et embellit elle-même.

Je me demande, mon bloc-notes sur les genoux, si je saurai raconter. Gaelle, qui est écrivain, me dit :
« Ne t’inquiète pas. Ça viendra. Ce qui doit être transmis le sera. Et puis certaines choses ne le seront pas. Ça viendra tout seul. »
Elle s’en va dormir. Elle dort l’après-midi. Et travaille une bonne partie de la nuit.

« L’été 2010, j’ai retrouvé, sous un escalier, derrière des tableaux et des caisses de revues, mes premières archives, dont un texte de 141 feuillets, arrachés à un classeur ayant échappé au tri sévère effectué autrefois dans mes papiers. Ce texte commence la série des publications de 50 ans d’écriture en cahiers de 1960 à 2010. »
(Au loin un phare, Gaëlle Kermen)

Gaëlle n’a pas de voiture et fait ses courses à vélo. Elle fait son pain. Elle écrit tout en numérique, elle lit tout en numérique. Elle vit sur un territoire où les pierres répondent aux étoiles, où jaillit une source, où les murets sont vieux de trois mille ans, où les cerfs sont des monarques.
Elle vit entourée des tableaux de son amoureux, Yves Samson, dessinateur, peintre et jardinier. Il peignait des rêves, des humeurs, des atmosphères, des traversées, des jaillissements ou des contemplations. Des âmes ou des univers.

Autrefois, de 1976 à 1986, sa maison était une crêperie. La crêperie à la ferme. Des artistes venaient s’y restaurer. Un jour, un grand druide qui aimait les crêpes lui a demandé s’il était possible que des rassemblements puissent avoir lieu dans la clairière au cœur de sa forêt. Elle a d’abord accepté puis des divergences humaines et spirituelles l’ont amenée à mettre tout ce petit monde hors de ses terres.
Nous sommes arrivés à la fameuse clairière. Il y a de grosses pierres, disposées en cercle selon la position des astres dans le ciel. Il y en a douze, chacune correspondant à un signe du zodiaque, une autre au centre. »
© Padina Pavonica 2015

Padina sait communiquer entre le ciel et la mer, les étoiles et les brins d’herbe. Son livre est en recherche d’un éditeur traditionnel. Que les vents lui soient favorables !

L’album sur ma galerie Flickr des étonnants voyageurs du monde d’à côté.

© gaelle kermen 2015

Voyage dans le Sud #3

Ce voyage aurait dû être plus joyeux qu’il ne peut l’être, j’emporte dans mes bagages la perte brutale violente d’une amie très chère, samedi soir. Tout parait dérisoire. Pourtant la vie continue. Il le faut. Je me sens lourde d’une autre énergie.
Hier matin nous sommes parties, Jose-Anne, ma compagne de voyage, et moi de Kerantorec, direction Brest. Nous aons visité le port de commerce, je frétille et devient excitée comme une puce quand je vois les grues d’un port, puis le Musée. Nous avons cassé la croûte dans le parc du Conservatoire botanique, puis direction Guipavas.
Ryanair impeccable, une superbe organisation. Rien à dire. Efficace. Calibrés comme des sardines dans une boite, mais tout roule ! Pour 25 euros tout compris, bravo !
Marseille sous la pluie mais très peu eu égard aux inondations du Var.
Hôtel des Gens de Mer, où j’écris de la terrasse en ce moment.
Ce matin j’ai essayé de voir le lever du soleil sur le port de Marseille mais tout est en travaux.
A ce soir pour Arles…
© gaelle kermen 2010

Test des blogs de voyage ou blogging

Test des supports de bloguage (blogging)

Recherchant toujours la rapidité et l’efficacité d’expression, les blogs de voyage ont été l’occasion de tester de nombreux supports qui m’étaient proposés dans mon navigateur Flock, le tableau de bord qui me permet de gérer tous mes réseaux sociaux, de Twitter à Facebook, en passant par GMail, Yahoo, Flickr pour mes photos ou YouTube pour mes vidéos.

J’en ai supprimé beaucoup, certains blogs avaient vraiment trop de pub et je suis allergique à la pub et à tout ce qui conditionne une consommation non sollicitée.

J’ai gardé TopDepart et WordPress.

J’avais trouvé le site de voyage TopDepart par une recherche sur internet. J’ai eu une grande angoisse il y a quelques temps, car je ne pouvais plus accéder à mon blog. Alors j’ai décidé de tout doubler en site miroir… Redondant peut-être, mais j’ai ainsi la garantie de retrouver mes petits !

TopDepart est bien conçu car les rubriques sont construites pour les voyages. Le journal du voyage peut être exporté dans l’ordre au format PDF, ce qui est plus facile pour la lecture chronologique. Je le garde donc pour ça. Il prévoit aussi une rubrique Budget, pratique pour le calcul des coûts de journée.
Il a un peu de pub, mais elle est discrète, sur le côté. Son principal défaut est dans la gestion des photos, mais c’est peut-être parce que je travaille sur Mac.

Je mets donc désormais toutes mes photos sur Flickr pro, où ma galerie sera complétée régulièrement. Il m’est très facile ainsi d’illustrer mes billets.

Le navigateur Flock me permet de faire des billets rapides sur tous mes blogs, ça c’est vraiment pratique.

Voilà, un petit état de la question technologique et pratique…

Rappel des liens

Flickr pro
TopDepart
WordPress

© gaelle kermen 2010

Retours

Après le voyage, le retour est toujours à la fois difficile et agréable. Difficile parce qu’il faut changer le rythme de nos déambulations, agréable parce qu’on retrouve son nid. Cette année, il faisait froid mais le nid s’est vite réchauffé. Le secret : le chanvre sur les murs.

Quand je pars, je coupe tous les compteurs d’énergie, électricité et eau, je ne prends plus de risque. Lors d’un voyage à Toulouse, j’avais laissé le courant pour le congélateur et un orage a eu raison de lui juste avant mon retour. Depuis j’allège tout. Plus de courant pour la conservation des aliments, trop lourd sur le plan écologique, je me suis remise aux conserves maison. Je vide le frigo et tout et tout.

Lors des deux retours du bout du monde, il faisait très froid en Bretagne et la maison non chauffée pendant plusieurs jours était bien fraîche : il faisait 5° dans l’escalier d’entrée du premier étage où je me tiens en hiver, pour économiser l’énergie, toujours, et parce que j’aime être dans une cellule de moine pour travailler quand les jours sont courts et ne m’invitent pas à aller travailler dehors, sauf ponctuellement pour un élagage ou autre.

Dès notre retour, j’ai allumé les radiateurs électriques, mini, 750 w dans l’escalier, 1500 w dans la chambre d’écriture et 2000 w dans ma chambre-studio-cuisine, plus vaste et un petit dans la salle de bain.
Jose-Anne n’en revenait pas, en très peu de temps, celui de défaire nos bagages, de dresser la table dans la chambre d’écriture, de chauffer ce qui devait l’être, et la température ambiante des pièces était confortable. Rien de trop, nous étions bien couvertes, style pelures d’oignons, mais la chambre d’écriture était agréable. Comme Jose-Anne n’aime pas avoir une chambre trop chaude pour dormir, j’ai réglé au minimum le radiateur avant de lui souhaiter une bonne nuit.
plat d'huitres et cremant de bourgogne

Le secret : l’isolation en chanvre

Depuis les années 70 en Ariège (09,FR), j’ai été préoccupée d’économie d’énergie sans attendre les discours officiels sur un développement durable. J’ai donc toujours privilégié les matériaux naturels et éprouvés par le temps comme la chaux, le bois, le verre, le chaume, la pierre, la terre.

Les premières informations sur le chanvre m’ont été transmises en 93 par mon architecte Christophe Van de Mortaele, belge tombé amoureux des chaumières bretonnes. Puis j’ai rencontré Jean-Pierre Andrieu, génial agriculteur bio qui a introduit ce matériau et sa préparation pour l’isolation dans l’habitat dans ma région à Riec-sur-Bélon (29340, FR.

Depuis 96, j’ai refait beaucoup de choses moi-même en auto-construction et j’en vois les résultats toute l’année mais particulièrement quand les températures sont excessives, dans un sens comme dans l’autre.
Auparavant la chambre d’écriture, qui se situe en pignon du côté de l’est, était la plus froide de la chaumière dès que le vent se mettait à souffler de ce côté-là. Sinistrée en 2004, le toit a été refait en partie en ardoise (il y avait urgence et je ne trouvais pas de chaumier), mais j’ai pallié la perte de ce merveilleux isolant naturel par une couche de 20 cm de laine de chanvre.

Puis j’ai refait tout le pignon est avec mon mélange personnel d’enduit de chanvre, en intégrant mes bibliothèques de chaque coté du manteau de la cheminée de la pièce du dessous où j’avais mon bureau (que je dois refaire cette année 2010 car il avait aussi été sinistré lors des tempêtes 2004 qui avait eu raison d’une partie du toit de chaume). Quand on pose la main sur l’enduit de chanvre, il est toujours tempéré, jamais froid comme certains matériaux modernes. C’est comme une peau, douce…

Bref le chanvre a contribué au bonheur du retour, en nous donnant une température confortable et agréable à moindre coût. Certes, j’utilise encore les radiateurs électriques, n’ayant pas les moyens d’investir dans des solutions plus onéreuses, mais je vois d’année en année ma facture d’EDF diminuer, ce qui est le meilleur signe de mes économies d’énergie…

Actuellement, je saisis chaque soir mes cahiers de chantier écrits manuellement depuis des années. Des fiches techniques et pratiques, avec les proportions et surtout mes petits trucs personnels pour gérer seule ces matériaux, seront disponibles sur le site Kerantorec. Abonnez-vous, vous en serez informé(e) tout de suite. Bonne année 2010.

© gaelle kermen 2010

Voyage d'hiver

Le voyage d’hiver est très agréable. Nous l’avions expérimenté l’an dernier en remontant de Marseille et Arles après la visite de l’exposition van Gogh-Monticelli à la Vieille Charité du Quartier du Panier à Marseille. Remontant par Moissac et Fontevraud, dans la neige…

Ce Noël 2009 au bout du monde nous a révélé des paysages transparents, mettant en valeur la moindre chapelle au bord de la route, dissimulée par les ombrages des feuilles en été. Nous avons vu de très loin certains lieux que nous n’aurions vu qu’en arrivant comme la chapelle Notre-Dame de Bon Voyage avant la pointe du Raz ou les tours des ruines du Manoir de Saint-Pol Roux à Camaret.
Nous avons pu admirer, et j’ai pu photographier, sans gêne aucune les calvaires dans les enclos paroissiaux ou les statues et tableaux dans les églises ou chapelles.
Nulle part nous n’avons attendu pour entrer quelque part, ni au Musée de Quimper ni au Musée de Vannes, même s’il y avait dans les deux un bon flux de visite.
Les routes étaient dégagées, sans les bouchons estivaux.
Et la lumière était sublime, la mer changeait encore plus souvent qu’en été et les paysages se sont déroulés au fil de la route avec un émerveillement constant.

© gaelle kermen 2010

Reprise d'ecriture apres le voyage

J’essaie donc de reprendre mon rythme d’écriture après une interruption de plus d’un mois. Quand j’ai du temps, je ne vis pas grand chose mais je peux l’écrire et quand je vis des choses je n’ai pas le temps de les écrire ! je retrouve le dilemme des années 60-70 où je vivais tant de choses intensément et étais toujours un peu frustrée de ne pas les écrire en suffisance !

Par quel bout prendre la relation de notre voyage ? Je peux le faire en plusieurs thèmes :
D’abord l’itinéraire rapide, puis le détail du voyage, les événements notoires, l’exposition Van Gogh-Monticelli, le Mac, ou la visite de l’atelier de Martine Moore à Arles, les visites des abbayes et cathédrales, enfin les hôtels. Grosso-Modo il me faudrait traiter tout ça.

La soirée d'arrivée à Toulouse

Après le voyage, j’ai trouvé Coralie à la gare et nous avons passé une soirée en famille, d’abord apéritif au café Breugheul l’ancien, à boire du blanc du pays (deux verres c’est décidément trop pour moi), puis le repas de Tapas au restaurant espagnol voisin de la boutique de Coralie, soirée bien arrosée, très joyeuse, le genre que je ne pourrais pas faire tous les jours. Mais traverser des petites rues magnifiques de monuments anciens et enfin le pont Saint-Pierre tout illuminé pour aller du quartier Arnaud Bernard chez Ana était une merveille.

Ana est vraiment bien située dans un quartier à la fois ancien et moderne. Elle habite un immeuble moderne, style années soixante, aux étages pas très hauts donc les quatre étages ne sont pas trop durs à monter. C’est tout près du Musée d’Art Contemporain des Abattoirs, tout près du jardin Raymond VI, comte de Toulouse et saint Gilles, résistant cathare à l’occupation française, tout près de la Garonne. J’ai pu hier aller au marché de Saint Cyprien en 10 minutes, rapporter des légumes frais en faisant un tour au marché, le genre de choses que je ne fais jamais chez moi ! Il est vrai que je n’ai qu’à aller au potager !

Je vais aller humer l’air de cette ville que j’adore et qui m’aime je crois…

© gaelle kermen 2009